Trump dit à la Cour suprême qu’il fait partie de son équipe électorale

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Photo: Olivier Douliery / AFP via Getty Images

Le président Trump a passé des semaines à faire des appels de moins en moins dissimulés à la Cour suprême pour lui remettre l’élection. Il a prédit que les élections seraient décidées par les tribunaux («Cette arnaque que les démocrates tirent – c’est une arnaque – l’arnaque sera devant la Cour suprême des États-Unis») et a exigé qu’Amy Coney Barrett soit assise à temps pour faire une décision favorable en son nom.

Vers 3 heures du matin, Trump a adressé un plaidoyer particulièrement révélateur directement aux juges de la Cour suprême:

Il s’agit d’un appel classique de Trump, formulé en termes d’intérêt personnel, qui est la seule forme de motivation sur laquelle il pense que les humains sont capables d’agir. Trump fait valoir que la Cour devrait se prononcer en sa faveur, car si Joe Biden gagne, il diluera le pouvoir de ses membres sortants – soit en remplissant les tribunaux, soit en mettant en œuvre une réforme qui ferait alterner les juges fédéraux à la Cour suprême.

Selon les appels de Trump, celui-ci n’est pas mauvais. Biden n’aura probablement pas les voix pour emballer la Cour ou même pour mettre en œuvre une réforme plus modeste. Mais il soutient la réforme et a promis de nommer une commission bipartite pour formuler un plan d’action. Ainsi, une élection Biden crée certainement un risque réel pour la Cour suprême.

Mais l’argument de Trump admet également implicitement que la Cour suprême a un intérêt dans son élection. C’est en fait tout son argument. Vu de l’autre côté, l’affirmation de Trump peut être vue comme une confession selon laquelle la Cour suprême a un conflit d’intérêts grave qui l’empêche de juger équitablement toute affaire électorale. Un candidat s’engage à préserver le pouvoir de ses membres, et l’autre ne l’est pas.

La stratégie juridique et politique de Trump est d’empêcher la tabulation des bulletins de vote postés avant le 3 novembre et de compter sur les juges nommés par les républicains pour statuer en sa faveur sur la base de leur intérêt commun à verrouiller une majorité judiciaire républicaine permanente. Il le dit simplement à voix haute.



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