Une équipe de foot italienne voulait jouer en blackface pour condamner le racisme

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Le club de foot junior d’Aurora Desio, près de Milan, a voulu faire un beau geste contre le racisme dans le foot italien. Le week-end du 2 novembre, un joueur de leur équipe a été traité de «nègre de merde» par la mère d’un joueur de l’équipe adverse.

Ce même week-end, l’attaquant de Brescia Mario Balotelli a été accueilli par des cris de singe lors d’un match à Vérone et un match Naples-Rome a été temporairement suspendu après des chants racistes contre le joueur Kalidou Koulibaly.

En solidarité avec Balotelli et avec le jeune joueur d’Aurora Desio, qui n’a que 10 ans, le club a publié la déclaration suivante sur Facebook: «Comme geste symbolique de condamnation totale du racisme et en soutien à toutes les victimes de racisme, certaines de nos équipes joueront avec leurs visages peints en noir.»

Deux traits noirs sur les joues

Assez rapidement, des associations et des personnes noires ont expliqué au directeur du club que malgré ses bonnes intentions, le blackface était une tradition raciste lié à l’esclavage aux États-Unis.

Au lieu de se grimer complètement en noir, les joueurs arboreront donc seulement deux traits noirs sur les joues en signe de solidarité, «pour montrer que nous sommes tous frères et que la couleur de peau n’importe pas», a précisé le président du club.

Il a également annoncé qu’Aurora Desio ne jouerait plus contre l’équipe de Sovicese tant que la mère qui a insulté le joueur n’était pas interdite d’assister aux matchs.

Luca Castellini, le chef des ultras de l’équipe Hellas Vérone, a quant à lui été interdit de stade jusqu’en 2030. Le lendemain du match, il a affirmé à la radio que Balotelli «ne pourrait jamais être complètement italien».

En Italie, les cris de singe visant des joueurs noirs sont assez fréquents. En septembre, des supporters de Cagliari ont ainsi visé le joueur de l’Inter Milan Romelu Lukaku. Après qu’il s’est plaint de ces attaques racistes, des supporters de son propre club l’ont critiqué au lieu de le défendre.

Dans une lettre ouverte, des ultras de l’Inter ont soutenu que ces bruits de singe n’étaient pas racistes et que Lukaku ne comprenait juste pas la culture du foot italien.