Sexualité et consentement? – Amour et conscience: religion infinie

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L'Eglise catholique de France veut indemniser les trop nombreuses victimes des prêtres pédophiles qu'elle abrite et protège encore en son sein. Pour un forfait, semble-t-il, car il ne s'agit pas de réparer l'irréparable, mais de reconnaître enfin la souffrance des victimes maltraitées. Et l'Église française n'a probablement pas les moyens financiers de l'Église américaine qui a déjà versé plus d'un milliard en justice coûts et indemnités …

Grace, le film choquant de François Ozon, sorti en salles cette année, aura contribué à changer la position de l’Eglise, https://youtu.be/aN8qu3rSR38

Pourtant, les nombreux scandales, les milliers de condamnations de prêtres par la justice des hommes du monde entier et de nombreux documentaires ont révélé pendant deux décennies l’ampleur du problème.

Il y avait des moments où des hommes d'église qui violaient des enfants étaient exécutés pour calmer l'indignation populaire. Aujourd'hui, même si la justice punit sévèrement les coupables de viol, il semble que la pornographie mettant en scène des enfants puisse prospérer grâce à Internet. Menacée sur l’énorme marché de la pornographie, la pédocriminalité n’est que le visage à peine dissimulé de la sordide exploitation des femmes et des enfants et n’est pas une priorité pour une police aux moyens dérisoires …

D'autant plus qu'il s'agit d'un des sujets qui dérangent trop la société et que la justice est inconfortable lorsqu'elle découvre que des notables ou des magistrats peuvent aussi être des consommateurs …

La fondatrice de Innocence en danger, https://innocenceendanger.org/Homayra Sellier a publié plusieurs ouvrages qui mesurent l’ampleur des dégâts et l’étendue de la pédophilie dans nos sociétés.

Dans son livre avec Serge Garde paru en 2008, Enquête sur une société consommant des enfants, elle souligne ce qu'elle préfère appeler pédocriminalité, considérant que les pratiques et les pulsions exercées par les adultes sur les jeunes enfants n'ont pas grand-chose à voir avec l'amour.

Et ce n’est évidemment pas l’église qui s’inquiète, car la plupart des abus sexuels sur des enfants sont commis par les parents ou les proches de la victime. Des études montrent également qu'un très grand pourcentage des abus finira par devenir des abuseurs, d'où la nécessité d'intervenir dès que possible pour éviter l'effet de la bombe à retardement.

La difficulté pour la justice et les victimes est de pouvoir fournir des preuves, sachant que la parole d'un enfant ne pèse pas lourd contre celle d'un adulte et que les victimes ont souvent tellement honte qu'il leur faut des décennies pour oser parler.

Mais nous pouvons douter de la bonne volonté de l'Église lorsque nous lisons le courrier d'un cardinal envoyé le 8 septembre 2001 au nom du Saint-Siège à un évêque après sa condamnation:

"Je vous félicite de ne pas avoir dénoncé un prêtre dans l'administration civile, vous avez bien fait et je suis ravi d'avoir un confrère dans l'épiscopat qui, aux yeux de l'histoire et de tous les autres évêques du monde, aura préféré la prison plutôt que de dénoncer son fils prêtre. "…