Le désir des femmes entendu et revisité

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Parce qu'elle aurait tellement aimé qu'on lui dise, qu'on lui explique, et surtout qu'on le démystifie, la conteuse Renée Robitaille propose un spectacle à la fois intime et universel, introspectif et poétique, sur le désir féminin . Pour en parler, enfin.

"Dès que je suis entré dans la vie sexuelle, j'ai été choqué de voir que ce qui m'est montré partout ne correspond pas du tout à la réalité", a déclaré le conteur, qui a signé la pièce. Nus – histoires du féminin intime, présentée cette semaine à La Chapelle, une femme montre le fruit d’une réflexion qui dure depuis plus de 20 ans.

Cela signifie que le sujet y travaille. Et il semble. Rencontrée la semaine dernière, Renée Robitaille répond doucement, positivement, réfléchie, avec le souci du mot juste, à toutes nos questions. Pour elle, la sexualité n'est pas un acte, mais plutôt un "voyage", assure-t-elle. Un voyage". Une réunion "." C’est quelque chose qui nous invite à nous rencontrer. "

Mais cette "réunion", elle a personnellement vécu comme un "grand choc". "J'avais beaucoup d'attentes à ce sujet", confesse-t-elle, un brin énigmatique. Si le moi est le point de départ, ce qui est intéressant, c’est l’universel. "

Paroles de femmes

Et de l'universel il y a. Avant d’écrire cette série, Renée Robitaille a rencontré des femmes. Nombre de femmes, une trentaine en tout, de tous âges et de toutes origines. Les femmes en réflexion, comme elle. Qui lui a parlé de leur religion, de leur éducation, de leur première fois jusqu'à la ménopause. Et plus. Les femmes qui se sont couchées, quoi?

Avec tous leurs confidences, elle a d'abord fait une série de podcasts, puis mis de côté trois histoires, "les trois les plus puissantes", a choisi de l'intégrer à son émission, qui porte bien son nom: ciels.

La conteuse incarne donc les paroles de ces trois femmes, en plus de son propre caractère et de celui de sa grand-mère. Seul interlocuteur: une marionnette, Vulve, qui apporte une touche de légèreté au portrait.

"Ce qui m'intéresse beaucoup ici, c'est d'où nous venons, qu'est-ce que nos parents nous ont légué à propos de notre sexualité, et comment évolue-t-on?"

– Renée Robitaille, conteuse

Son objectif, vous l'aurez compris: "dites aux femmes ce que j'aurais aimé transmettre …"

Nous arrivons enfin au cœur du problème: "Les médias nous donnent une image qui ne permet pas de trop remettre en question, dénonce-t-elle. Nous vivons beaucoup dans une sexualité masculine et il y a peu de place pour le désir féminin."

Elle pense à voix haute: "Mais en tant que femmes, nous nous donnons-nous le droit de poser des questions? Qu'est-ce que je veux? J'ai l'impression que les jeunes n'ont pas traversé ces questions …"

La tête ailleurs

Dans la pièce, son personnage dit également cette phrase, qui résonnera dans de nombreuses chambres: "J'ai toujours pensé que tout allait bien dans ma sexualité (…), j'ai eu une enfance extraordinaire (…), mon petit ami c'est tout." C'est de la soie. Mais parfois, quand je fais l'amour, j'ai l'impression que ma tête est restée au bureau … "Vous reconnaissez-vous?

Rebondissant sur cette confiance, au cœur de la question du célèbre désir féminin, Renée Robitaille se demande: "nous permettons-nous d’écouter notre propre désir ou reproduisons-nous ce que nous avons dit de faire?"

D’où la grande question: "comment récupérer son propre désir?" Pas contre les hommes, mais avec les hommes, a déclaré le conteur en interview. Même s’ils n’ont pas fondamentalement les mêmes questions. Et pour cause: "l'homme a besoin de faire l'amour pour se sentir bien, et les femmes doivent se sentir bien pour faire l'amour …", a-t-il dit une femme, citation forte, symptomatique et révélatrice, reprise dans le texte.

A voir entre filles, couples ou pourquoi pas seul. Pour trouver ce fameux moyen de se sentir bien.

Nus – histoires du féminin intime, de Renée Robitaille, dirigée par Nadine Walsh, est présentée mercredi et vendredi, à 19h30, à La Chapelle.