"Voulez-vous laisser l'hôpital public mourir?" : le forum de 14 médecins d'urgence français

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Patrick Pelloux, médecin urgentiste, et 13 de ses collègues demandent "l'ouverture de lits" et l'augmentation du budget de l'hôpital, du personnel et des salaires.

"Mesdames et messieurs nos concitoyens, laisserez-vous l'hôpital public mourir sans avoir essayé quelque chose?" Dans un forum publié dimanche, 14 médecins d'urgence appellent les citoyens et les autorités publiques quatre jours avant la manifestation nationale pour un "plan d'urgence pour l'hôpital public".

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"Nous en venons à nous poser la question suivante: l’épuisement du système n’a-t-il pas été programmé, tout n’a-t-il pas été fait pour effondrer l’hôpital public en faveur de l’économie n’est-il pas l’objectif de détruire la sécurité sociale et la fonction publique hospitalière? "interrogent ces médecins, y compris l'urgentologue Patrick Pelloux, tous membres de l'Association des médecins d'urgence de France (Amuf), dans un long forum publié au journal Journal du dimanche.

Reprenant les dérives des années 1980 et 1990 dans la "surconsommation de soins", puis l’arrivée dans les années 2000 de "la société hospitalière", avec le système emblématique de la rémunération à l'acte, les auteurs de ce texte résument la situation actuelle: "notre mission de service public est de tout faire à tout moment, mais le gouvernement ne nous en donne pas les moyens".

"Les conditions de travail sont trop difficiles"

Lundi 4 novembre à 20 heures, 35 patients sont hospitalisés dans les couloirs d’un service d’urgence d’un hôpital parisien. Cela signifie que l’hôpital n’a pas pu absorber les 35 patients qui ont nécessité une hospitalisation pendant le long week-end ", décrivent-ils. Ils calculent: "il a raté trente-cinq lits d'hospitalisation soit un personnel de deux infirmières, deux médecins et deux soignants".

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Mais, ajoutent-ils, les postes de soignants "ne sont plus pourvus parce que des conditions de travail trop difficiles effraient les plus altruistes avec des salaires très bas (la France se classe au vingt-sixième rang des pays de l'OCDE pour le salaire des infirmières)." manque de médicaments, de civières, de lits mais aussi d’humains pour occuper les services, prendre soin des patients ".

Croyant que "le démantèlement est en cours d'achèvement", ils s'assurent que "en épuisant les soignants, ils ont été obligés de fuir: spirale sociale infernale". "Non seulement le déficit des hôpitaux publics, mais il va devenir inefficace puisqu'il est incapable de remplir sa mission de continuité des soins pour tous".

Ils rappellent en conclusion les exigences de la mobilisation du 14 novembre: "l'ouverture des lits", l'augmentation du budget de l'hôpital, les niveaux de dotation et les salaires, ainsi que "la résiliation de la facturation avec la loi".