Luminothérapie vs antidépresseur: ex aequo

91

Selon une nouvelle étude publiée dans Médecine du sommeil, La luminothérapie est aussi efficace que les antidépresseurs dans le traitement de la dépression. Depuis la première étude en 1984, nous savons que la luminothérapie est très efficace pour traiter les creux saisonniers, car elle vient lutter contre le déclin de la luminosité. Mais ce traitement reste sous-estimé.

Une équipe de l'hôpital universitaire de Strasbourg vient de publier une méta-étude rassemblant tous les tests disponibles dans la littérature scientifique, soit environ 400 participants, et comparant les effets de la luminothérapie à ceux des antidépresseurs destinés au traitement de la dépression sévère. L’équipe a également examiné les effets de la combinaison des deux traitements. En psychiatrie, en France, les habitudes sont très médicamenteuses, mais ce travail montre de nouvelles preuves scientifiques sur l'efficacité de la luminothérapie.

Entretien avec le psychiatre et neuroscientifique Pierre-Alexis Geoffroy qui a mené cette étude.

Si nous comparons la luminothérapie aux antidépresseurs, notre étude ne montre aucune supériorité d’un traitement sur l’autre. C'est une première information très importante. Aucun des deux traitements n'est supérieur l'un à l'autre. La deuxième information importante qui a été trouvée était que la combinaison antidépresseur léger était significativement supérieure à la monothérapie antidépressive. Cette information est très utile cliniquement car elle invite les médecins, face à une dépression qui serait grave, à prescrire d'emblée les deux thérapies pour avoir un meilleur effet et être plus efficaces. Et l’autre information aussi: nous faisons une analyse, ce que nous appelons des sous-groupes, c’est-à-dire des patients n’ayant que des minimums non saisonniers. Il est démontré que la bithérapie est également plus efficace chez les patients atteints de dépression dite non saisonnière.

Selon vos travaux, l’option thérapeutique de la luminothérapie pourrait être une option de première ligne?

Absolument, c’est exactement ça. Ce que nous espérons ensuite, c’est penser à une thérapie par la lumière en première ligne, et pas seulement en deuxième ligne, sur un traitement efficace, qui a démontré son efficacité. C'est au moins un outil supplémentaire dans la boîte à outils des médecins. Il n'y a pas que la réponse aux antidépresseurs classique. Pensez immédiatement à cette bithérapie, car elle fonctionne mieux que l'antidépresseur seul. Mais mis à part ce trouble affectif saisonnier, donc une dépression non saisonnière, la luminothérapie n'était pas vraiment une stratégie utilisée. Cela doit changer. Les médecins pensent que ce doit être l’un des outils disponibles, car il existe un certain nombre de preuves scientifiques.

écoute

1 minute

LA_METHODE_SCIENTIFIQUE – Pierre Alexis Geoffroy

Alzheimer: un nouvel espace thérapeutique

Une étude publiée dans Médecine de la nature décrit le cas d'un patient immunisé "naturellement" contre la maladie d'Alzheimer. C'est un Colombien de 73 ans issu d'une famille touchée par la maladie. Les chercheurs de Harvard ont effectué plusieurs examens pour comprendre comment il s'était échappé pendant des décennies. Il a un taux élevé de dépôts de bêta-amyloïde dans le cerveau – l'une des signatures clés de la maladie – mais il n'y a aucune preuve de démence. Ils ont également découvert que le patient portait une mutation du gène APOE3, connu pour être un facteur de risque de la maladie. Rien ne dit que c'est la seule mutation qui a protégé, mais l'étude pointe une nouvelle piste thérapeutique. Néanmoins, les auteurs reconnaissent que davantage de recherches sont nécessaires pour confirmer l'impact de cette mutation.

La précision insoupçonnée de notre mémoire gustative

Selon une publication préalable sur PsyArXiv, nous nous souvenons plus facilement de ce que nous mangeons plus que toute autre chose. Des chercheurs de l'Université de Californie à Los Angeles ont mené une expérience sur près de 160 personnes. Ils devaient chacun manger 30 friandises en observant les symboles sur un écran. Ensuite, ils ont dû mémoriser ces symboles en utilisant des perles. Conclusion de l'étude: les participants se souviennent plus précisément du nombre de bonbons consommés qu'autre chose. Notre mémoire gustative serait supérieure à celle qui n'est pas liée aux habitudes alimentaires. Cet article nous invite à repenser le fonctionnement de notre mémoire et à reconsidérer la façon dont elle priorise certaines expériences.