près de la moitié des jeunes adultes seraient atteints de détresse psychologique — Wikinews

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Prise de température d’un jeune membre de la SOPFEU.

24 octobre 2020. – Selon un rapport publié par la Direction régionale de santé publique de Montréal, la pandémie affecte durement les Montréalais âgés entre 18 et 24 ans alors que 46% d’entre eux affirment ressentir des symptômes s’apparentant à un trouble d’anxiété généralisée ou à de la dépression majeure.

« C’est une période de la vie où le social a une place prépondérante. Mais actuellement, on demande aux jeunes de couper leurs contacts sociaux, ce qui peut avoir un impact plus important. Et [il y a aussi] le fait que les jeunes sont principalement au cégep et à l’université et qu’ils suivent leurs cours à distance. Il va falloir qu’on essaie de trouver, de manière créative et innovante, des façons de recréer des contacts sociaux à travers la vie scolaire » a déclaré Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal.

Ailleurs au Québec, ce pourcentage atteint 31%.

Fermeture des salles d’entraînement et arrêt des sports

Affiche de fermeture des installation du Stade IGA

La totalité des salles d’entrainement sont fermées et le sport universitaire a été complétement annulé, ce qui a un impact majeur sur la santé de la population, croit Louis Bherer, professeur au département de médecine de l’Université de Montréal. « Il faut garder en tête que l’arrêt des entraînements est beaucoup plus néfaste qu’on pense. Des études démontrent qu’après seulement un mois sans entraînement, on a une baisse des fonctions cognitives qui avaient été améliorées lors de l’entraînement » explique le chercheur.

« C’est démontré depuis des décennies que l’activité physique pratiquée sur une base régulière diminue les symptômes de dépression et d’anxiété. L’activité physique ne sera pas une cure magique pour ceux qui souffrent d’un trouble dépressif diagnostiqué, mais lorsqu’on y joint la médication et la thérapie [appropriées], l’activité physique peut avoir un grand impact positif. » a-t-il déclaré.

Pas d’augmentation des suicides

Contrairement à une idée souvent véhiculée sur les réseaux sociaux, l’augmentation de la détresse psychologique de la population ne s’est pas traduite par une hausse du taux de suicide, selon le coroner en chef adjoint, Luc Malouin. « À date nous n’avons pas d’indications qu’il y a plus de suicides cette année. Nous n’avons pas encore tous les dossiers (de 2020), mais je parle beaucoup aux coroners et personne ne m’a dit que ça augmente dans sa région » affirme-t-il.

« Une hypothèse qui sera éventuellement étudiée par les chercheurs c’est qu’une personne vulnérable au suicide présente des facteurs de risques et des facteurs de protection. On pense que dans le cas de la pandémie il y a des facteurs de protection qui se sont activés » avance Jérôme Gaudreault, directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS).

« On ne peut plus voir ses amis, mais on fait des 5 à 7 virtuels pour se parler, on est davantage préoccupé du bien-être de nos proches, de nos parents. On s’informe (des autres), on met en place un réseau de soutien, tout ça agit favorablement pour supporter les plus vulnérables. Lors de la crise du SRAS à Hong Kong en 2003 il avait été remarqué une augmentation du soutien social. C’est peut-être ce qui est en train de se passer ici » croit-il.

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