Mauritanie: Une réforme importante des lois contre la traite et le trafic illicite des personnes


L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a salué, ce mois-ci, les efforts de la République islamique de Mauritanie, dont l’Assemblée nationale a adopté, le 7 juillet, une nouvelle loi contre la traite des personnes et a approuvé la réforme de la loi contre le trafic illicite de migrants. Ces instruments contribuent à renforcer le cadre juridique existant pour réprimer et punir les auteurs de ces crimes et offrir une protection et une aide renforcées aux victimes.

La réforme visait à aligner la législation nationale de lutte contre la traite des personnes adoptée par la Mauritanie en 2003 sur le Protocole de Palerme des Nations Unies visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, que le pays a ratifié en 2005

Dans le même temps, le Ministère de la justice mauritanien a proposé un projet de loi adaptant la législation du pays sur le trafic illicite de migrants afin de renforcer la coordination de la lutte contre les réseaux de traite et de trafic illicite qui facilitent le passage irrégulier de migrants vers d’autres pays. Depuis 2017, l’OIM a aidé près de 300 victimes de traite à se réintégrer en Mauritanie.

« Ce sont des textes inclusifs et complémentaires qui rendent compte de l’évolution du profil migratoire en Mauritanie, et nous sommes fiers d’avoir soutenu, avec d’autres agences des Nations Unies et la société civile, ces efforts du gouvernement mauritanien », a déclaré Laura Lungarotti, chef de mission de l’OIM en Mauritanie. « La Mauritanie fait preuve d’un engagement fort pour prévenir, combattre et éradiquer la traite des personnes et le trafic illicite de migrants », a-t-elle ajouté.

Depuis 2018, l’Organisation soutient le Ministère de la justice dans le processus de réforme législative, en organisant notamment des sessions de formation et des conférences. En 2019, ce processus a débouché sur une série de consultations à Nouakchott, Nouadhibou, Aleg et Kiffa, pilotées par le Ministère en collaboration avec diverses parties prenantes, notamment le pouvoir judiciaire, les forces de l’ordre et les acteurs de la société civile ainsi que le système de protection de l’enfance.

En Mauritanie, comme partout ailleurs, la traite des personnes est un fléau souvent invisible. Les femmes et les filles peuvent être exploitées pour le travail domestique, ou bien les hommes et les femmes peuvent migrer vers d’autres pays avec la promesse de possibilités professionnelles et économiques et se retrouver ensuite exploités, leurs passeports leur sont confisqués et leurs salaires retenus. Les enfants sont forcés à mendier.

Les situations de trafic illicite, dans lesquelles les migrants consentent à une transaction avec un passeur, se transforment souvent en situations de traite où les migrants sont maltraités ou exploités.

Les activités de lutte contre la traite et le trafic illicite mises en oeuvre par l’OIM sont financées par le Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique par le biais de l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants, de la République fédérale d’Allemagne et du Fonds de l’OIM pour le développement.

Pour plus d’informations, veuillez contacter l’OIM en Mauritanie : Laura Parker, Email : lparker@iom.int ou Nicolas Hochart, Email : nhochart@iom.int

En Mauritanie, les femmes et les filles peuvent être exploitées pour le travail domestique, ou les hommes et les femmes peuvent migrer vers d’autres pays avec la promesse de possibilités professionnelles et financières et se retrouver exploités, leurs passeports sont confisqués et leurs salaires retenus. Photo : OIM/Sybille Desjardins