Election présidentielle en Algérie: qui sont les candidats officiels les plus disputés?

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Cinq comme "5ème mandat de Bouteflika", cinq comme "les cinq doigts d'une seule main qui a volé l'Algérie". Le rejet est unanime parmi les manifestants de "Hirak" contre les cinq candidats à la présidence approuvés par le Conseil constitutionnel ce samedi.

La veille, des dizaines de milliers de citoyens à travers le pays ont manifesté contre cette élection prévu le 12 décembreet à laquelle aucun membre de la société civile ou aucune figure du mouvement ne participera.

Un message de l'avocat algérien des droits de l'homme, Mustapha Bouchachi. (Capture d'écran) / Facebook
Un message de l'avocat algérien des droits de l'homme, Mustapha Bouchachi. (Capture d'écran) / Facebook

Deux premiers ministres, trois ministres … Les cinq hommes choisis, âgés de 56 à 75 ans, sont tous très compétents en politique et en politique. exercice du pouvoir imposé par Abdelaziz Bouteflika.

Ali Benflis (75 ans)

AFP / Ryad Kramdi
AFP / Ryad Kramdi

Il est sans doute le plus connu du groupe mais le mouvement de protestation le présente comme "l'homme-alibi". Président de la campagne Bouteflika lors de sa première campagne en 1999, Ali Benflis est ensuite devenu le chef du gouvernement pendant quatre ans … avant d'être limogé et de prendre la tête de "l'opposition". Après deux échecs présidentiels en 2004 et 2014 – une fois sur deux – il pense que son heure est venue.

Mais "son long silence pendant les années de prospérité de Bouteflika, son rapprochement avec l’opposition avant de se distancer en rejetant l’idée de transition" ont laissé des traces dans l’opinion publique, comme l’a expliqué la presse locale. Tout sur l'Algérie (TSA).

Au début de novembre, il a tenté une libération publique, ce qu'aucun des candidats et très peu de ministres actuellement au pouvoir n'oseraient faire. Mais il a été conspiré à la sortie d’un restaurant de l’ouest d’Alger.

Abdelmadjid Tebboun (74 ans)

AFP
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Ce haut fonctionnaire était également Premier ministre. C'était en 2017 et l'expérience n'a duré que trois mois, à cause d'une lutte de clan. Plusieurs fois wali (préfet) et ministres, M. Tebboun a présenté 124 000 parrainages pour la prochaine élection. Aucun candidat n'a fait mieux.

Mais là encore, les Hirak le voient comme "un parfait serviteur du régime", résumée par la TSA. Le journaliste et romancier Mustapha Benfodil a rappelé à Mediapart ses liens avec l'organisation Bouteflika. "Tebboune exerçait un ministère clé dans lequel il y avait beaucoup d'argent: le logement et l'urbanisme. Il était à un moment lié à l'affaire Khalifa. Son fils avait des démêlés avec la justice. Pour moi, c'est un rebut pour Hirak d'investir dans Le candidat Tebboune. Comme les autres, il se fait reprocher son silence sur les chiffres du mouvement détenus en prison.

Azzedine Mihoubi (60 ans)

L'ancienne ministre française Fleur Pellerin et Azzedine Mihoubi en 2016 à Marseille, au MUCEM AFP / Bertrand Langlois
L'ancienne ministre française Fleur Pellerin et Azzedine Mihoubi en 2016 à Marseille, au MUCEM AFP / Bertrand Langlois

Les trois autres candidats occupaient des postes moins exposés. C'est le cas d'Azzedine Mihoubi. Cet ancien ministre de la Culture d'Abdelaziz Bouteflika est aujourd'hui secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND). Ce parti, l’une des deux premières forces du Parlement, est inévitablement associé au règne du Front de libération nationale (FLN) de Bouteflika.

Abdelkader Bengrina (57 ans)

Abdelkader Bengrina en septembre 2019 (capture d'écran) El Bilad Officiel de la télévision
Abdelkader Bengrina en septembre 2019 (capture d'écran) El Bilad Officiel de la télévision

Cette cinquantaine est le seul représentant du mouvement islamiste. Cependant, il devrait souffrir de sa participation au gouvernement de 1997 à 1999, dont plusieurs mois sous la présidence de Bouteflika. Il était alors ministre du Tourisme.

Bengrina s'était déjà présenté à la présidence le 18 avril, ce qui a finalement été reporté après la démission d'Abdelaziz Bouteflika.

Abdelaziz Belaid (56 ans)

Abdelaziz Belaid, ici en avril 2012 AFP / Farouk Batiche
Abdelaziz Belaid, ici en avril 2012 AFP / Farouk Batiche

Voici sans aucun doute le moins célèbre des cinq postulants à la magistrature suprême. Abdelaziz Belaïd a néanmoins toujours été proche du système Bouteflika. Tout d'abord dans les organisations de jeunesse qui ont soutenu l'ancien président, puis le FLN, et maintenant via son micro-parti le Front El-Moustakbel.

Et les autres ?

L'opposition traditionnelle a boycotté cette élection. Qu'elle soit laïque ou islamiste. C'est notamment le cas du président du parti du Front de la justice et du développement (PJD), Abdallah Djaballah, qui plaide pour une transition et une réforme constitutionnelle avant toute nouvelle élection.

Et qu'en est-il des personnalités issues de Hirak, telles que Karim Tabbou, coordinateur de l'Union démocratique et sociale (UDS) ou Lakhdar Bouregâa? Elles sont aujourd'hui en prison. Leur libération est précisément posée comme une condition de toute discussion avec le pouvoir.

Pendant ce temps, un certain nombre de manifestants prévoient de perturber cette réunion aux urnes. "La tentation est forte parmi les manifestants, en particulier après le succès des actions entreprises pour perturber les visites des membres du gouvernement à l'intérieur du pays. Ces sorties sur le terrain sont devenues l'obsession des membres du gouvernement", a récemment expliqué Œil du Moyen-Orient Abed Charef, écrivain et chroniqueur algérien.