Destitution: la pression sur Kiev inquiète à la Maison Blanche avant l’appel de Trump

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Inquiets du chantage d'un correspondant de Donald Trump à Kiev, les conseillers de la Maison Blanche ont sonné l'alarme deux semaines avant que le président américain ne demande à son homologue ukrainien d'enquêter sur l'un de ses rivaux, il convient de le menacer de démissionner.

Fiona Hill et Alexander Vindman, membres de l’influent Conseil de sécurité nationale, ont expliqué lors d’une audition à huis clos devant le Congrès qu’ils avaient saisi les services juridiques de la Maison-Blanche dès le 10 juillet, selon les comptes rendus de leurs audiences. Vendredi.

Ils venaient d'assister à une réunion au cours de laquelle l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, avait informé une délégation ukrainienne que leur nouveau président, Volodymyr Zelensky, serait reçu à la Maison Blanche s'il annonçait une enquête. sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour faire face à Donald Trump à l’élection présidentielle de 2020.

L’Ambassadeur Sondland a expliqué devant les Ukrainiens qu’il avait passé un accord avec le chef de cabinet du président Mick Mulvaney pour une réunion s’ils procédaient à des enquêtes "politiques", a déclaré Fiona Hill, associée du conseiller en sécurité. National John Bolton.

Ce dernier, licencié en septembre, s'était "raidi" et "mis fin brusquement à la réunion", selon Hill et Vindman.

M. Sondland, un homme d’affaires qui a fait des dons importants pour la cérémonie d’inauguration de Donald Trump, a poursuivi l’échange avec les Ukrainiens dans une autre pièce de la Maison Blanche. Selon M. Vindman, l'ambassadeur a ensuite explicitement mentionné Joe Biden, dont le fils Hunter a longtemps fait des affaires en Ukraine.

– "Grenade non épinglée" –

Fiona Hill, ancienne conseillère de la Maison Blanche pour les affaires russes, à son arrivée au Congrès de Washington, le lundi 14 octobre 2019 (GETTY IMAGES AMÉRIQUE DU NORD / AFP - Alex Wroblewski)

Fiona Hill, ancienne conseillère de la Maison Blanche pour les affaires russes, à son arrivée au Congrès de Washington, le lundi 14 octobre 2019 (GETTY IMAGES AMÉRIQUE DU NORD / AFP – Alex Wroblewski)

Furieux, John Bolton a ensuite demandé à Mme Hill de faire rapport à l'avocat du Conseil de sécurité. "Dites-lui que je ne suis pas dans le genre de trafic de drogue que Sondland et Mulvaney préparent", avait-il déclaré à son collaborateur.

Dans le même temps, M. Vindman avait également "relaté l'incident" à cet avocat, craignant que la pression politique "ne s'engage dans un débat sur la sécurité nationale".

À une autre occasion, John Bolton avait officiellement interdit à ses équipes de s’entretenir avec l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, qui était engagé dans une campagne de lobbying en Ukraine. "Il a dit: Rudy est une grenade à exploser qui va tout faire exploser", a déclaré Hill.

Malgré ces avertissements, le président Trump a demandé le 25 juillet à M. Zelensky de "se pencher sur" le Biden et de parler à M. Giuliani.

Le directeur des affaires européennes du Conseil de sécurité, Alexander Vindman, arrive à Washington pour une audience à huis clos du 29 octobre 2019 (AFP - MANDEL NGAN)

Le directeur des affaires européennes du Conseil de sécurité, Alexander Vindman, arrive à Washington pour une audience à huis clos du 29 octobre 2019 (AFP – MANDEL NGAN)

Le lieutenant-colonel Vindman, qui a écouté l'appel téléphonique en direct, s'est précipité vers la fin de l'appel "partage ses préoccupations" avec l'avocat du Conseil de sécurité nationale.

Fiona Hill, qui n'a pas assisté à l'échange, a été "choquée" en lisant sa transcription. "J'ai vu beaucoup d'appels téléphoniques depuis deux ans et demi à la Maison Blanche et jamais rien de ce genre", a-t-elle déclaré à des parlementaires.

– "Abus de pouvoir" –

Ces témoignages affaiblissent la défense de Donadl Trump qui assure que son recours était "irréprochable".

Affirmant être victime d'une "chasse aux sorcières", il a dit à ses conseillers de ne pas participer à l'enquête du Congrès. Vendredi, son chef de cabinet, Mick Mulvaney, qui aurait pu être un témoin clé, a ignoré une convocation au Capitole.

Le secrétaire général de la Maison Blanche, Mick Mulvaney, à Washington le 17 octobre 2019 (AFP - JIM WATSON)

Le secrétaire général de la Maison Blanche, Mick Mulvaney, à Washington le 17 octobre 2019 (AFP – JIM WATSON)

Outre son rôle dans la promesse d'une visite à la Maison Blanche, Mick Mulvaney a également ordonné le gel, fin juin, d'une aide militaire de 400 millions de dollars à l'Ukraine. Au cours d’une conférence de presse, il s’était abstenu de le faire pour des raisons politiques avant de reprendre ses esprits.

Les démocrates accusent Donald Trump d'utiliser l'aide pour faire pression sur Kiev, ce qui constitue selon eux un "abus de pouvoir".

La Chambre des représentants, accusée par la Constitution de mise en accusation avant son procès au Sénat, pourrait tenir ce chef contre lui. Si la Chambre à majorité démocratique votait dans cette direction, Donald Trump devrait échapper à une destitution, le Sénat restant aux mains des républicains.