International – Les émissions allemandes de CO2 en forte baisse – Ambassade d’Allemagne

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Moins de charbon, plus d’électricité verte… et des émissions de gaz à effet de serre en forte baisse. Le bilan de l’année 2019 s’annonce plutôt positif pour l’Allemagne en matière climatique.

a transition énergétique progresse en Allemagne. En 2019, le pays a réduit ses émissions de CO2 de 6 %, selon une première évaluation du laboratoire d’idées Agora Energiewende. Cela représente une économie conséquente : plus de 50 millions de tonnes de CO2 n’ont pas été rejetées dans l’atmosphère.

Cette bonne nouvelle rapproche l’Allemagne de son objectif de réduction pour 2020. Le pays a émis l’an passé quelque 811 millions de tonnes de CO2, ont calculé les experts berlinois. C’est 35,2 % de moins qu’en 1990. L’objectif du gouvernement prévoit une baisse de 40 % à l’horizon de la fin de l’année. Considéré jusqu’à présent comme « inatteignable », il apparaît désormais à certains comme « à portée de main ».

« Notre politique est efficace », se réjouit en tout cas Peter Altmaier. Les émissions allemandes ont baissé de 13 % depuis 2005, souligne le ministre allemand de l’Économie et de l’Énergie. Dans le même temps, le produit intérieur brut (PIB) a pourtant enregistré une croissance de 25 %.

Moins de centrales à charbon, plus d’éoliennes
Une chose est sûre : c’est dans le secteur de l’électricité que tout s’est joué. Les énergies renouvelables (éolienne et solaire) ont supplanté en 2019 le charbon comme première source d’électricité en Allemagne. En hausse de cinq points sur un an, elles ont fourni l’an passé la proportion record de 42,6 % de la consommation brute, selon l’Agora Energiewende. Elles ont ainsi fait la preuve, si besoin était, de leur capacité à garantir aux Allemands un approvisionnement sûr en électricité.

Les experts ont en effet noté une évolution importante. En 2019, les kilowattheures fournis par les éoliennes et les panneaux photovoltaïques se sont substitués à la production de centrales à charbon qui ont fermé ou qui ont réduit leur activité. En un an, l’Allemagne a réduit de 31 % sa production d’électricité à partir de la houille et de 22 % sa production à partir du très polluant lignite. Par le passé, l’électricité verte avait plutôt pris la place de kilowattheures d’origine nucléaire dont l’impact était moindre en termes d’émissions de CO2.

Paradoxalement, cette évolution tient pour partie à l’accélération du réchauffement climatique : en 2019, le soleil a davantage brillé et le vent davantage soufflé, faisant tourner éoliennes et panneaux solaires à plein régime. Elle est aussi pour une bonne part la conséquence de l’augmentation du prix de la tonne de CO2 décidée dans le cadre de la réforme du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (UE) (SEQE).

Les experts de l’Agora Energiewende mettent toutefois en garde : ces bons chiffres ne doivent pas inciter à relâcher les efforts entrepris pour protéger le climat. Car les émissions allemandes ont beau diminuer dans le secteur énergétique, elles ont continué à augmenter l’an dernier dans les transports et le secteur du bâtiment (chauffage).

Le gouvernement allemand en a bien conscience. Il vient de faire passer de nouvelles lois pour soumettre les transports et les bâtiments à des objectifs contraignants et les faire entrer progressivement dans un système de permis d’émission national comparable au système européen. L’objectif est de réduire les émissions allemandes de 55 % en 2030 par rapport à 1990. Et à plus long terme de viser la neutralité carbone en 2050. « Ce que la politique a réussi dans le secteur de l’énergie, il faut maintenant le réussir dans le domaine des transports », a souligné la ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze.