International – LA MINUAD A MIS FIN À SON MANDAT LE 31 DÉCEMBRE 2020 – ONU

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Khartoum: Le 22 décembre dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité la résolution 2559 qui met fin au mandat de la MINUAD le 31 décembre 2020. Il s’agit de l’aboutissement d’un processus soutenu d’examen de la situation au Soudan et au Darfour, y compris des développements liés au processus de paix et à la mise en place et aux progrès réalisés par le Gouvernement de transition du Soudan dans sa quête pour résoudre le conflit au Darfour.

Cette dernière décision du Conseil de sécurité signifie que le jeudi 31 décembre marquera la fin des opérations mandatées par la MINUAD au Darfour. Les dernières patrouilles, tâches programmatiques et autres tâches obligatoires auront lieu le même jour.

À compter du 1er janvier 2021, les troupes et le personnel de police de la MINUAD se concentreront sur la sécurité des activités de retrait, du personnel et des biens de la Mission. La MINUAD aura une période de six mois pour procéder au retrait, qui se fera progressivement. Il s’agira de rapatrier les troupes, leurs véhicules et autres équipements, de séparer le personnel international et national ainsi que de fermer séquentiellement les sites et les bureaux de l’équipe de la Mission et de les remettre à des entités désignées conformément aux règles des Nations Unies.

Ce processus devrait entraîner le retrait de tout le personnel civil et en uniforme du Soudan d’ici le 30 juin 2021, à l’exception d’une équipe de liquidation qui finalisera toute question résiduelle et complétera la fermeture administrative de la MINUAD.

La MINUAD ayant mis fin à toutes ses activités liées au mandat qui ont été centrées sur le soutien au processus de paix, la protection des civils, y compris la facilitation de l’ale livraison de l’aide humanitaire et le soutien à la médiation des conflits intercommunautaires, le Gouvernement soudanais assumera pleinement son rôle principal pour résoudre toutes les questions dans ces domaines. La fin du mandat de la MINUAD et son départ du Soudan ne signifient pas la fin du soutien de la communauté internationale au Soudan. En effet, l’UNITAMS et l’Équipe des Nations Unies continueront d’aider le Gouvernement soudanais à relever ses multiples défis liés aux défis sécuritaires, politiques et économiques.

RAPPEL DE L’HISTORIQUE

Le conflit au Darfour

Une guerre civile qui a éclaté en 2003 a entraîné la mort de dizaines, voire des centaines de milliers de Darfouris et le déplacement de près de deux millions de personnes. Dans les combats entre le Gouvernement soudanais et les milices et d’autres groupes rebelles armés, des atrocités généralisées telles que le meurtre et le viol de civils ont été commises.

L’ONU a donné l’alerte à la crise au Darfour en 2003, et la recherche d’une résolution durable a été une priorité absolue pour le Conseil de sécurité et deux secrétaires généraux consécutifs.

Sous les auspices de l’Union africaine (UA) et avec le soutien de l’ONU et d’autres partenaires, l’Accord de paix du Darfour (AD) a été signé le 5 mai 2006. Comme peu de parties l’ont signé, un nouveau processus de paix dans le cadre d’un médiateur conjoint UA-ONU a eu lieu à Doha, au Qatar, de 2010 à juin 2011, produisant un document-cadre. Les efforts diplomatiques et politiques intensifs visant à amener les non-signataires à s’entendre avec le Document de Doha pour la paix au Darfour se poursuivent.

La mise en place d’opérations de maintien de la paix

À la suite des consultations de haut niveau du 16 novembre 2006 à Addis-Abeba, en Éthiopie, le Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies (DOMP) a renforcé la Mission existante de l’Union africaine au Soudan (MUAS) et s’est préparé à déployer une opération conjointe sans précédent entre l’UA et l’ONU au Darfour.

La diplomatie intensive du Secrétaire général Ban Ki-moon et de plusieurs acteurs de la communauté internationale a abouti à l’acceptation de cette force par le Soudan en juin 2007.

L’opération hybride Union africaine – ONU au Darfour a été officiellement mise en place par le Conseil de sécurité le 31 juillet 2007 par l’adoption de la résolution 1769, appelée MINUAD, en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies. La MINUAD a officiellement pris la relève de la MUAS le 31 décembre 2007.

Le mandat est renouvelé chaque année et l’adoption de la résolution 2296 du Conseil de sécurité l’a prolongé jusqu’au 30 juin 2017.

Mandat d’information de base de la MINUAD

:

– Protéger les civils, sans porter préjudice à la responsabilité du Gouvernement soudanais.

– Faciliter l’ad remise de l’aide humanitaire par les agences des Nations Unies et d’autres acteurs de l’aide ainsi que la sécurité du personnel humanitaire.

– Médiation entre le Gouvernement soudanais et les mouvements armés non signataires sur la base du Document de Doha pour la paix au Darfour (DDPD)

– Soutien à la médiation des conflits communautaires, y compris par des mesures visant à s’attaquer à ses causes profondes, en collaboration avec l’équipe de pays des Nations Unies.

Emplacement:

Le siège de la Mission se trouve à El Fasher, au Darfour-Nord.
Elle a son siège sectoriel à El Geneina (Darfour-Ouest), Nyala (Darfour-Sud), Zalingei (Darfour-Centre) et El Daein (Darfour-Est).
La Mission dispose de 35 lieux de déploiement dans les cinq États du Darfour.

Déploiement:

Le 31 juillet 2007, la Mission avait un effectif autorisé de 25 987 casques bleus en uniforme. Cela comprenait 19 555 soldats, 360 observateurs militaires et officiers de liaison, 3 772 conseillers de police et 2 660 unités de police constituées (FPU). À la mi-2011, la MINUAD représentait 90 % de sa pleine force autorisée, ce qui en fait l’une des plus importantes opérations de maintien de la paix de l’ONU.

Par résolution 2063 du 31 juillet 2012, le Conseil de sécurité a décidé de réduire les effectifs militaires et policiers. La mission compte maintenant 23 743 employés autorisés. Cela comprend jusqu’à 19 248 casques bleus en uniforme (15 845 soldats, 1 583 conseillers de police et 1 820 unités de police constituées) et une composante civile de jusqu’à 4 495 casques bleus (1 185 employés internationaux, 340 volontaires de l’ONU et 2 970 membres du personnel national).

Budget : Le budget de la MINUAD est de 1 039 573,2 dollars EU pour l’exercice 2016-2017.

La MINUAD est confrontée à de nombreuses contraintes logistiques et sécuritaires car elle doit fonctionner sur un terrain impitoyable et dans un environnement politique complexe et souvent hostile. La mission fait également face à des lacunes dans les moyens essentiels de transport, d’équipement, d’infrastructure et d’aviation.
Entre-temps, la MINUAD fait tout ce qui est en son pouvoir et avec des ressources limitées pour assurer la protection des civils au Darfour, faciliter l’opération d’aide humanitaire et contribuer à fournir un environnement dans lequel la paix peut prendre
racine. La mission effectue plus de 100 patrouilles par jour. La MINUAD s’efforce également de s’attaquer à certaines des racines critiques du conflit.

Processus politique

Les travaux de la MINUAD sont complétés par des efforts conjoints sur le plan politique. Jusqu’à la mi-2008, l’Équipe conjointe de soutien à la médiation était dirigée par l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Darfour, Jan Eliasson, et l’Envoyé spécial de l’UA pour le Darfour, Salim Ahmed Salim.
Le 30 juin 2008, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et le Président de la Commission de l’UA Jean Ping ont nommé Djibril Yipènè Bassolé, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, comme nouveau médiateur en chef conjoint UA-ONU pour le
Darfour. Le 8 juin 2011, M. Bassolé est retourné au Burkina Faso, et Ibrahim Gambari, Représentant spécial conjoint (JSR) de la MINUAD, est devenu médiateur en chef conjoint ad interim. Le 1er août 2012, aichatou Mindaoudou, vice-président (politique) de la MINUAD, a succédé à M. Gambari au poste de médiateur en chef conjoint a.i. Le 20 décembre 2013, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et la Présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, ont nommé M. Mohamed Ibn Chambas du Ghana comme médiateur conjoint JSR et ONU – UA de la MINUAD. Après le départ de la JSR Chambas, Abiodun Olerumi Bashua, du Nigeria, a été représentant spécial conjoint par intérim, et a maintenant été remplacé par Martin Ihoeghian Uhomoibhi, également du Nigeria. JSR Uhomoibhi est également médiateur en chef conjoint pour le Darfour.