International – Du 28 avril 2020 au 16 août 2020 : Exposition temporaire; L’Âge d’or de la peinture danoise (1801-1864)

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Du 28 avril 2020 au 16 août 2020 : Exposition temporaire; L’Âge d’or de la peinture danoise (1801-1864)

Au printemps 2020, le Petit Palais présentera pour la première fois en France depuis près de trente-cinq ans une exposition dédiée aux plus belles heures de la peinture danoise de 1800 à 1864.

L’exposition organisée conjointement par le Nationalmuseum de Stockholm, le SMK de Copenhague et le Petit Palais inclue plus de 200 oeuvres d’artistes phares de cette période comme Christoffer Eckersberg, Christen Købke, Martinus Rørbye ou encore Constantin Hansen. Cette exposition offre l’une des analyses les plus ambitieuses de cette période artistique entreprises depuis de nombreuses années.

L’accrochage se concentre sur un certain nombre de thèmes clés ayant trait aux conditions sociales, politiques, économiques et culturelles du Danemark au XIXe siècle et offre un panorama de sujets familiers tels que la vie à Copenhague, l’artiste au travail, le voyage, la peinture de paysages ou encore la famille. Peintures précises et délicates, ces oeuvres offrent une plongée dans le Danemark du XIXe.

Exposition organisée en collaboration avec le Statens Museum for Kunst, Copenhague et le Nationalmuseum, Stokholm
Commissariat pour le Petit Palais
Servane Dargnies-de Vitry, conservatrice des peintures du XIXe siècle au Petit Palais
Christophe Leribault, directeur du Petit Palais

Commissariat scientifique
Peter Nørgaard Larsen et Annette Rosenvold Hvidt (Statens Museum for Kunst de Copenhague)
Magnus Olausson et Carl-Johan Olsson (Nationalmuseum de Stockholm)

Plus d’info sur l’exposition

Pour la première fois en France depuis près de 35 ans, le Petit Palais met à l’honneur les plus belles heures de la peinture danoise. Plus de 200 oeuvres d’artistes emblématiques de cette période offrent un aperçu inédit du Danemark du XIXe siècle.

Sous l’influence du romantisme allemand, les années allant de 1801 à 1864 marquent une période de renouveau dans l’art danois. En effet, à la fin du XVIIIe siècle, le Danemark et particulièrement sa capitale Copenhague subissent coup sur coup des destructions, incendies et bombardements qui laissent le pays en faillite. Mais les artistes voient dans cet état désastreux une opportunité pour se renouveler.

C’est Christoffer Eckersberg qui insuffle les premiers changements en peinture. Avec l’industrialisation, il voit que les classes moyennes gagnent en influence au détriment de la monarchie. Ancien élève de Jacques-Louis David à Paris, il a aussi peint à Rome où il apprend à peindre des paysages en sortant son chevalet de l’atelier. Avec certains de ses élèves, comme Christen Købke, il s’impose comme l’un des peintres représentatifs de cette période cruciale dans leur pays. Købke a lui aussi peint de nombreux portraits et paysages en s’inspirant de son environnement immédiat. Ses toiles et celles de ses contemporains se font remarquer pour leur réalisme, l’harmonie des couleurs mais aussi la particularité de leurs cadrages.

Organisée conjointement par le Statens Museum for Kunst de Copenhague, le Nationalmuseum de Stockholm et le Petit Palais, cette exposition présente plus de 200 oeuvres de figures emblématiques du milieu artistique danois du XIXe siècle dont Eckersberg et Købke mais aussi Martinus Rørbye ou Constantin Hansen. Elle présente une analyse ambitieuse de cet Âge d’or danois à la lumière des recherches effectuées depuis plusieurs années, et offre un panorama des thèmes de prédilection des artistes de cette époque, qu’ils soient sociaux, économiques, politiques ou culturels.

Plus d’info sur le concept d’âge d’or de la peinture danoise

Âge d’or L’âge d’or est un mythe grec et romain, qui désigne la période qui suit la création de l’homme et se caractérise par l’innocence, l’abondance et le bonheur. C’est aussi un âge sans saison, c’est-à-dire hors du temps, et par extension, le point culminant d’une culture ou d’une civilisation suivi d’un inévitable déclin. La notion d’âge d’or, pour la peinture danoise, est une invention tardive de Karl Madsen (1855-1938). Elle désigne une courte période, d’un quart de siècle, entre la nomination du peintre Christoffer Wilhelm Eckersberg (1783-1853) à l’Académie des beaux-arts de Copenhague en 1818 et la mort du sculpteur Bertel Thorvaldsen (1770-1844). Pour Jonathan Lévy « plus qu’une période de rayonnement et d’affirmation d’un art danois en Europe, il semble plus juste de parler en réalité de période de « mise à niveau » de l’école danoise par rapport aux autres écoles européennes. » (in L’âge d’or : une réponse métaphysique à un mal-être bien réel. ). Pour réhabiliter la transition entre le néo-classicisme et l’impressionnisme, Jonathan Lévy diluera la notion d’âge d’or dans celle, floue et attrayante, de « siècle d’or ».

Géo et histoire mouvementée du Danemark au XIX ième siècle

Géographie et identité Le Danemark, ouvert sur la mer et axé sur le commerce, avait au XIXe siècle, intérêt à une certaine neutralité dans le jeu des alliances européennes. Mais il paya au prix fort son positionnement fluctuant, se coupant au final de la terre et de la mer. Copenhague, actuellement à la périphérie du Danemark, se situait au début du XIXe au centre d’un pays, qui comprenait alors la Norvège et les Duchés du Sud. L’amiral Nelson contraignit en 1801 le Danemark à participer au blocus naval contre la France, bombardant Copenhague. Six ans plus tard, en usant du même procédé, Londres confisqua la flotte danoise. Le Danemark se coupa du commerce international en se tournant vers Napoléon et à la chute de ce dernier, dût se plier au traité de Kiel, qui lui font perdre ses possessions norvégiennes. Le nationalisme, qui veut qu’une nation se constitue sur une langue et une culture communes, poussa les duchés germanophones du sud à clamer leur indépendance, à partir de 1848. En 1864, la coalition austro-prussienne les retrancha au Danemark. Au cours du XIXe siècle, ce pays perd donc l’essentiel de son espace géographique et se retrouve marginalisé. La recherche d’une identité culturelle devient alors un contre poids indispensable aux remises en cause territoriales. Mais le Danemark a, dans ce laps de temps, changé d’identité, passant de l’ouverture sur le monde à l’insularité. Ainsi la culture ne se comprend pas comme une réalité immuable, mais plutôt comme le produit relatif d’une géographie bouleversée par l’histoire.

Conférence à la maison du Danemark 12 mai 2020

L’Âge d’or de la peinture moderne danoise (1801-1864)
12 mai 202012 mai 2020 | Conférence
Par Frank Claustrat, maître de conférences en histoire de l’art contemporain, université Paul-Valéry Montpellier 3
L’expression « Âge d’or », qui tend à glorifier l’histoire d’une nation, est apparue dans la presse danoise en 1890 pour évoquer l’épanouissement de la culture, des sciences et des arts au temps du néo-classicisme, du romantisme et du réalisme.
C’est un label de qualité. A partir de 1801 et jusqu’à la fin des années 1860, la peinture identitaire danoise se démocratise. Elle invente ou réactive des sujets intimistes (le nu féminin, la vie d’artiste et en famille, des scènes de campagne et de voyage…), autant de signes avant-coureurs de modernité opposés à l’art académique avec ses images désuètes inspirées de l’histoire ou de la mythologie.
C’est durant « L’Âge d’or danois » qu’émerge notamment le statut de la femme peintre professionnelle. En bref, une peinture passionnante à redécouvrir.
Mardi 12 mai 2020
entrée libre
Conférence au 7’étage de la Maison du Danemark

Photo
Christen Købke, Château de Frederiksborg vu de Jaegerbakken,