International – Des médicaments à action prolongée pour la lutte antivectorielle et pour combattre le paludisme – OMS

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Des médicaments à action prolongée pour la lutte antivectorielle et pour combattre le paludisme


Unitaid et MedinCell, une société pharmaceutique technologique française, ont signé un accord de subvention prévoyant la création d’une version injectable à action prolongée de l’ivermectine pour combattre la transmission du paludisme. Ce projet vient renforcer le déjà solide portefeuille d’investissements d’Unitaid pour éliminer cette maladie.
L’initiative IMPACT, qui sera déployée sur trois ans avec un budget de 6,3 millions de dollars, associera deux domaines prometteurs de l’innovation en santé mondiale, à savoir des médicaments à action prolongée et des méthodes novatrices de lutte antivectorielle, pour déstabiliser et réduire les populations de moustiques vecteurs du paludisme.

« Notre objectif est de neutraliser les moustiques anophèles, qui portent et transmettent le parasite du paludisme, après qu’ils aient piqué des populations traitées. Nous pourrons ainsi rompre la chaîne de transmission, » a déclaré Christophe Roberge, Directeur de la technologie chez MedinCell. « Une unique injection d’ivermectine active pendant 3 mois permettra de lever certaines des barrières logistiques à l’adoption de traitements de masse, puisqu’elle ne nécessitera pas de renouveler régulièrement les campagnes de traitement typiquement liées aux formes orales dont la durée d’efficacité est trop courte. »

Chaque année, le paludisme tue plus de 400 000 personnes dans le monde.

L’ivermectine est un médicament qui contient un antiparasitaire capable de tuer les moustiques lorsqu’ils piquent des personnes ou du bétail ayant reçu ce traitement. Une solution injectable à action prolongée remplacerait les comprimés, qui doivent être pris plus fréquemment. Ces formulations à action prolongée devraient améliorer l’adhésion aux médicaments et aboutir à des traitements et à une prévention plus efficaces.

« Le paludisme ne pourra être éradiqué qu’avec de nouveaux outils et de nouvelles stratégies. Le dernier rapport de l’OMS sur le paludisme dans le monde le montrait très clairement», a déclaré le Dr Philippe Duneton, Directeur exécutif a.i d’Unitaid. « Unitaid investit dans les innovations qui présentent le plus fort potentiel pour réduire le poids de la maladie dans le monde. Nous considérons les traitements à action prolongée comme des technologies émergentes pouvant offrir de nouveaux instruments pour renforcer et élargir la boîte à outils dont nous disposons déjà.»

Le projet IMPACT est le troisième d’une série de projets financés par Unitaid cette année axés sur des médicaments à action prolongée. En janvier, l’organisation a investi 39 millions de dollars dans des médicaments à action prolongée destinés à simplifier le traitement et la prévention du VIH, de la tuberculose, du paludisme et de l’hépatite C. Ces travaux sont menés par l’Université de Liverpool et par l’Université de Washington.

Le projet IMPACT est la deuxième initiative d’Unitaid où l’ivermectine est utilisé à des fins de lutte antivectorielle. Depuis 2019, Unitaid travaille avec l’institut ISGlobal (projet BOHEMIA) pour évaluer l’incidence d’une distribution massive de ce médicament en Tanzanie et au Mozambique.

Ces projets axés sur l’ivermectine vient compléter les autres initiatives de lutte antipaludique déjà soutenues par Unitaid, notamment dans les domaines des moustiquaires imprégnées d’insecticide, de la pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide à effet rémanent et de l’amélioration de la qualité des médicaments curatifs et préventifs.

Unitaid accroît activement son portefeuille d’investissements dans la lutte antipaludique : le montant de ses investissements a triplé depuis début 2017 et s’élève à présent à près de 400 millions de dollars. L’organisation intensifie ses initiatives en faveur des femmes enceintes, des nourrissons et des enfants, c’est-à-dire les groupes les plus susceptibles d’être atteints du paludisme et d’en mourir.

Le projet NgenIRS, soutenu par Unitaid et mis en oeuvre par IVCC (Innovative Vector Control Consortium), arrive cette année à son terme, après avoir largement promu l’utilisation d’insecticides de nouvelle génération pour la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations. Il s’agit d’un moyen de prévention important qui pourrait bénéficier à des millions de personnes sur tout le continent africain. En parallèle, l’impact du projet ACCESS-SMC pour l’accès à la chimio-prévention du paludisme saisonnier, financé par Unitaid et mis en oeuvre par Malaria Consortium, ne cesse d’augmenter : de plus en plus de pays optent désormais pour l’administration saisonnière d’un traitement antipaludique préventif destiné aux jeunes enfants. Ce traitement devrait permettre d’éviter 18 millions de cas de paludisme et de sauver 100 000 vies par an.