Monde | Les Marseillais dans la rue un an après le drame de la rue d'Aubagne

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Militants des collectifs créés après la catastrophe, syndicalistes et familles du quartier se sont retrouvés ce samedi un an après l'effondrement de deux immeubles de la rue d'Aubagne à Marseille et qui avaient fait huit morts.

"Il y a un an, nous étions sous le choc, maintenant nous sommes révoltés": samedi, comme des milliers d'autres Marseillais, Alice a crié sa colère, un an après la chute de deux bâtiments dans le centre populaire de la ville, qui a coûté la vie à huit personnes.

Dans la foule, militants collectifs créés après le désastre, se sont retrouvés syndicalistes et familles du quartier et de tout Marseille.

Une douzaine de personnes arrêtées, un policier blessé

Photo Clément MAHOUDEAU / AFP
Photo Clément MAHOUDEAU / AFP

Au crépuscule, l'atmosphère était un peu tendue. Après avoir lancé des projectiles sur la police, des pétards, de la fumée et des accusations de police, la procession s'est progressivement dispersée.

Une douzaine de personnes ont été arrêtées et un officier de police a été blessé par un projectile qui l'a frappé à la gorge, selon une source policière.

La manifestation a rassemblé de 15 000 à 20 000 personnes selon le collectif, 6 700 selon la police.

Alice, 34 ans, assistante sociale, fait partie de celles qui protestent depuis le 5 novembre 2018 contre le logement insuffisant: "S'il y a une chose à retenir de ce drame, c'est la formidable mobilisation citoyenne qui a suivi."

Lorsque la procession se déplace au milieu de l'après-midi en direction de la rue d'Aubagne, où a eu lieu la tragédie, les familles des victimes des effondrements prennent la tête, derrière une grande banderole: "Ni l'oubli ni le regret".

Place Homère, au milieu de la longue rue d’Aubagne, des manifestants sortent de la marche pour allumer une bougie sur l’autel de fortune au milieu de la rue et surmontés de photos des victimes de l’effondrement.


Photo Clément MAHOUDEAU / AFP

Photo Clément MAHOUDEAU / AFP

"40 000 logements insalubres, 100 000 Marseillais vivant dans des bidonvilles"

"Ce qui est arrivé là-bas, nous n'oublierons jamais", a déclaré Fayçal Oubada, venu protester avec sa famille. "Cela fait vraiment mal de réaliser qu'en un an, peu de choses ont changé, si ce n'est qu'il y a toujours plus de monde dans la rue." "Mis à part les problèmes de logement, Marseille a compris avec cette tragédie qu'il faut beaucoup de changement dans cette ville", ajoute le père.

Sur les pancartes et dans les slogans, les attaques contre le maire Jean-Claude Gaudin, à la barre de la ville depuis un quart de siècle, fusionnent: "Gaudin, assassin", "Mairie = négligence". "Il ne pleuvait pas!", Ont protesté les manifestants, évoquant les premières réactions du maire, qui avait évoqué, il y a un an, juste après le désastre, les pluies torrentielles des jours précédents pour expliquer, du moins en partie, le drame.

En début de soirée, alors que le cortège allait arriver à la mairie, Emmanuel Patris, membre du collectif Centre for all, a crié au micro: "40 000 logements insalubres, 100 000 Marseillais vivant dans des bidonvilles, mais la crise est résorbés, ils ont dit! "

Par AFP |
Publié le 09/11/2019 à 22:33
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