Libération de glyphosate, un objectif difficile à atteindre et coûteux pour les agriculteurs

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La mission parlementaire chargée d'évaluer le plan de sortie du glyphosate pour 2021 présentera son rapport mercredi. Pour les deux membres qui ont rédigé ce document, le calendrier sera difficile et l'élimination de cet herbicide coûtera très cher aux agriculteurs.

REPORTAGE

Il ne devrait être présenté à la presse que mercredi, mais nous connaissons déjà les premières conclusions du rapport de la mission parlementaire sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate. Les deux députés en charge de ce dossier, Jean-Luc Fugit (LREM) et Jean-Baptiste Moreau (LREM) estiment qu'il sera difficile de laisser le glyphosate pour 2021. Pire, ils jugent "inconscient" d'attendre le 31 décembre 2020 pour savoir "quelles situations culturelles" devront cesser d'utiliser l'herbicide le 1er janvier 2021 et lesquelles pourront bénéficier d'un délai. Les élus demandent instamment à l'État de préciser le nom des cultures qui "bénéficieront d'une dérogation" pour l'utilisation du glyphosate, au plus tard en juin prochain.

Un investissement supplémentaire pour les agriculteurs

Dans ce rapport, les deux membres estiment également que l'élimination du glyphosate coûtera très cher aux agriculteurs. Selon eux, ils auront besoin de plus de main-d'œuvre et investiront dans de nouveaux équipements. Pour désherber au lieu de cet herbicide bon marché, il faudra également trois à quatre fois plus de carburant pour les tracteurs. Selon le rapport, cela représente 50 à 150 euros de charges supplémentaires par hectare. Mais pour Joël Limouzin, céréale vendéenne, la note sera encore plus salée. Jusqu'à "600 à 700 euros par hectare supplémentaire dans certains cas", car il faudra "trois à quatre passages de tracteur" de plus.

Arguments qui suscitent la surprise et des questions parmi les opposants au glyphosate. "J'aimerais savoir qui ils ont rencontré", a déclaré Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement. Il s’étonne d’entendre dire des mots «dans la bouche de partisans de l’agriculture conventionnelle». Jean-David Abel s'interroge sur le travail des deux députés. "Cela m'étonne beaucoup que les parlementaires n'aient pas vu qu'il existe des modèles alternatifs sans glyphosate et qu'ils ne sont pas gênés par ces inconvénients et par un surcroît de travail."