L'eau courante arrive enfin dans un village du Pas-de-Calais

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À Sains-lès-Marquion (Pas-de-Calais), l'un des derniers villages de France non raccordés, de l'eau courante est sur le point d'arriver pour la première fois. Le temps de forage individuel – sans contrôle et sans facture – est bientôt terminé.

Comme les 350 habitants de ce village de la campagne cambrésienne, où les commerces ont disparu un à un, une femme de 88 ans rencontrée par l’AFP dispose d’un forage qui puise l’eau d’une nappe phréatique profonde de plusieurs mètres, reliée à un réservoir.

Les habitants tiraient leur eau d'un puits. FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Sains-lès-Marquion est l'une des rares communes françaises à ne pas être connectée à un réseau – aucun ministère ne peut donner de chiffre.

"Lors de la reconstruction après la Première Guerre mondiale, pour des raisons techniques qui m'échappent, ils nous ont construit 20 puits et nous ont dit que nous verrions plus tard", déclare Guy de Saint-Aubert, maire de la ville depuis 1995. , en disant que la municipalité a été "oubliée" par les autorités.

Élu depuis 1977, fils de l'ancien premier Edile, il a voulu mettre fin à cette anomalie concernant le développement des villages, le respect de la réglementation et la santé publique. Même si, dit-il, les analyses de l'eau, effectuées jusqu'à présent, de la mairie et de la crèche sont dans les normes.

"Il y a un risque d'incident", dit l'élu, âgé de 66 ans. "Cela ne posait pas de problème majeur, nous, autochtones, mais les gens de l'extérieur posaient les bonnes questions", a-t-il averti, citant notamment les questions relatives aux pesticides et au risque de sécheresse.

Reste l'obstacle financier: l'investissement d'un million d'euros, hors de portée pour un budget municipal de 1,8 million d'euros. En 2017, sa municipalité rejoint ensuite le syndicat intercommunal de distribution d’eau et d’assainissement, qui finance les travaux à hauteur de 750 000 euros, le reste étant fourni par l’Agence de l’eau. Le travail doit durer dix mois.

"C’est un bon exemple de solidarité intercommunale", a déclaré Rodrigue Mroz, maire de la gauche divers Recourt et vice-président du syndicat, pour qui la situation du maire était de toute façon "intenable". "Le maire est responsable de la qualité et de l'approvisionnement, même en l'absence de réseau. Certes, il peut s'adresser à des particuliers", déclare Xavier Matharan, avocat spécialisé en droit des collectivités locales.

À l'AFP, les individus semblaient satisfaits de ce développement. "Nous sommes au XXIe siècle, nous ne sommes plus au XVIIIe siècle, nous devons y aller. C'est comme ça. Nous ne sommes plus dans l'ancien temps. Cela doit être raisonnable", a déclaré un couple qui avait encore entendu bien pour le jardin. Alain ne veut pas en entendre parler. Il est "plus sûr de son eau que le leur, plein d'eau de javel, infectieux". "Cela coûte moins cher que leur eau. Cela fait 30 ans que je vis là-bas, 30 ans que je ne paye pas l'eau. Notre eau est potable, fraîche et plus encore", ajoute-t-il.