le restaurateur qui avait affiché un message « humoristique » sur le GHB relaxé

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Sur une ardoise posée devant son restaurant, il avait “plaisanté” sur la “drogue du violeur”, provoquant une déferlante sur internet: un commerçant des Hauts-de-Seine a cependant été relaxé ce mardi par le tribunal correctionnel de Nanterre. 

L’accusation d’incitation à la commission d’un crime n’a en effet pas été retenue, conformément à ce qu’avait requis le ministère public.”Tout ça pour ça…”, a aussitôt réagi le commerçant.  

“J’ai toujours eu ma conscience pour moi. J’ai fait une erreur, j’ai assumé”, a-t-il poursuivi. “J’ai fait mon maximum pour retourner la vapeur, mais non, ça n’a pas suffi. Des deux côtés, on a perdu plusieurs mois de notre vie”, a-t-il déploré. 

“Faire sourire ses clients”

Cité à comparaître devant le tribunal de Nanterre par le Collectif féministe contre le viol (CFCV), ce propriétaire d’une brasserie de Rueil-Malmaison avait jusque là l’habitude d’afficher des messages humoristiques devant son établissement et de poster ces messages sur Facebook pour “faire sourire” ses clients.

Le 24 janvier, cet homme au casier judiciaire vierge avait affiché: “Mon secret séduction tient en trois mots: Gentillesse, Humour, Bagou. Si ça ne marche pas? Je me contente des trois premières lettres”. “Choquée” en découvrant l’affiche, une jeune habitante de Rueil, elle-même victime de cette drogue un an plus tôt, s’était insurgée sur Twitter contre ce qu’elle estimait être une incitation à l’utilisation du GHB, demandant au maire d’intervenir pour faire retirer l’ardoise du trottoir. Ce qu’il avait fait.

Le restaurateur de 46 ans retirait le jour même le message mais trop tard: les réseaux sociaux se déchaînaient contre lui, mais aussi contre la jeune habitante. Un emballement médiatique qui s’accompagnait pour le restaurateur notamment d’une “agression” dans la rue et de “menaces” contre sa famille. Celui-ci portait plainte contre X – plainte qu’il a retirée depuis.

Une plainte pour incitation au crime

Le CFCV avait porté plainte dans la foulée pour “provocation non suivie d’effet au crime ou délit par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique”.

“Il est regrettable d’avoir une décision de relaxe”, a réagi mardi l’avocate du CFCV Sophie Soubiran. “Les juges ont considéré qu’il n’y avait pas d’éléments suffisants pour démontrer que Monsieur avait pour intention de créer un état d’esprit propre à favoriser la commission de l’infraction”, a-t-elle précisé après avoir pris connaissance des motivations du tribunal. Mais “avoir réussi à amener ce débat-là devant un tribunal est déjà en soi une petite victoire”, a-t-elle souligné.