Gilles Bertin, voleur punk repentant, décédé à Barcelone

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Gilles Bertin, Figure punk française des années 1980, un voleur repentant après 30 ans de fuite, est décédé jeudi à Barcelone, selon son avocat.

"Il est décédé ce matin après avoir été hospitalisé pendant plusieurs jours à Barcelone", a déclaré à l'AFP Christian Etelin, avocat et musicien de 58 ans.

Cinq ans de prison avec sursis

Avec une douzaine d’amis musiciens, l’ancien leader du groupe Camera Silens avait volé 11,7 millions de francs (l’équivalent à l’heure de 2,9 millions d’euros) à Brink. En 2018, Gilles Bertin a été condamné à cinq ans de prison avec sursis pour le vol d'une banque en 1988. Patient atteint du sida, il s'était rendu en 2016.

"Il avait fait tout cela pour retrouver une existence sociale normale: il voulait parler, assumer son rôle de père et assumer son passé, pouvoir parler à son fils Tiago de ce qu'il avait été, il ne voulait pas inventer un personnage ", explique Me Etelin, un avocat toulousain qui l'a défendu lors de son procès devant la cour d'assises de la Haute-Garonne.

Le vieux punk a vécu plusieurs années à Barcelone avec sa partenaire Cecilia et son fils Tiago, âgé de 7 ans. Il avait un autre fils d'une trentaine d'années, Loris, résidant à Bordeaux, qu'il ne connaissait que lors de sa reddition.

"Il allait bien, il était intelligent, il avait réussi à trouver la paix en lui-même. Après le tumulte de son existence, il était très cultivé, il avait fait preuve d'une grande responsabilité", explique l'avocat.

Un punk repentant et jamais emprisonné

Après la décision de la cour d'assises de 2018, il disait: "La justice ne m'a pas jugé pour ce que j'ai fait il y a 30 ans, mais pour ce que je suis devenu", raconte Me Etelin, "Il était devenu un homme honnête, intéressant a évolué".

Grand et mince, chemise grise sur jean, cheveux châtain clair et bouclés, l'ex-punk, aveugle d'un œil, ne voulait pas mentir sur son histoire et son passé et voulait retrouver sa vie, sa sœur.

Gilles Bertin a vécu 28 ans au Portugal et à Barcelone. Il n'a jamais été emprisonné pour vol qualifié. Lors de son procès, il avait reconnu être l'un des organisateurs de Didier Bachère (la mort) du vol qu'ils préparaient ensemble depuis deux ans.

Le vol avait été effectué sans le moindre coup de feu. L’auteur avait utilisé un déguisement de gendarmes et une Renault 4, une voiture des gendarmes de l’époque. Ce fut un tel succès que ce travail a d'abord été attribué au crime organisé. La plupart du butin n'a jamais été retrouvé.