Europacity: Macron: "arrêtez-vous" devant un mégacomplexe controversé

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"Daté et obsolète": Emmanuel Macron jeudi, Europacity, un mégacomplexe de magasins et de loisirs qui devait être implanté d’ici 2027 dans le Val-d'Oise au nord de Paris, et que hérissent les défenseurs de l’environnement comme les petits commerçants.

"Le Président de la République a décidé de ne pas poursuivre le projet Europacity", a déclaré l'ElyséeAFP, estimant qu'il "ne correspond plus aux aspirations de nos concitoyens".

La décision a suscité la colère des détenteurs du complexe mais la satisfaction de ses divers opposants, bien que plusieurs ONG aient néanmoins appelé à rester vigilant afin que les terres agricoles soient préservées par le futur "projet alternatif" recherché par le président.

"C’est une grande satisfaction", a réagi l’AFP Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG), opposant historique du projet.

Le mégacomplexe de 3,1 milliards d'euros serait basé sur ce que le CPTG a décrit comme "les terres les plus fertiles d'Ile-de-France.FranceLe triangle de Gonesse, pris en sandwich entre les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle et du Bourget, est rare et les syndicats agricoles se sont également opposés à ce projet.

Dans un contexte plus global de mobilisation autour des questions environnementales, les promoteurs avaient remis leur copie début octobre, promettant "zéro carbone jusqu'à 2027", 4 000 arbres plantés et 80 hectares d'espaces naturels recréés en compensation. Ils prévoyaient également de réduire les surfaces commerciales, tandis que les commerçants locaux craignaient de devoir concurrencer des centaines de magasins.

Cette évolution du projet "vers une transition écologique vertueuse" rend la décision du gouvernement encore plus "incohérente", a dénoncé dans un communiqué Alliés et Territoires, société réalisant le projet réunissant Ceetrus, la propriété du groupe. Auchanet le conglomérat chinois Wanda.

C'est une "erreur qui nuit à l'avenir de Val d'Oise", a ajouté la société, tout en assurant qu'elle "n'abandonnera pas" le département.

Emmanuel Macron veut faire émerger un "projet alternatif" qui pourrait être implanté dans une zone géographique plus large et qui devra être "plus mixte, plus moderne, sans créer un pôle excessif de consommation, de loisirs et d'objets", selon l'Elysium. .

Il a confié "la mission à Francis Rol-Tanguy, ancien directeur de l'Atelier d'urbanisme parisien, de travailler avec les élus pour développer un nouveau projet".

Les élus locaux étaient très favorables à ce projet "essentiel" du département, qui "a toujours été le parent pauvre" de la région Île-de-France, ont-ils déclaré début octobre. "Le gouvernement sacrifie notre territoire au nom d'une vision purement symbolique de l'écologie", a pris d'assaut le maire PS de Gonesse, Jean-Pierre Blazy.

"La déception est immense, on ressent un mépris du gouvernement par rapport à la banlieue", a également réagi à l'AFP Kamel Slimani, membre du "Collectif du vrai peuple", qui a ardemment défendu le projet. "Nous n'avons rien, pas de transport, pas de métro, nous sommes abandonnés".

"Nous ne les laisserons pas tomber", a déclaré la ministre de la Transition environnementale, Elisabeth Borne, consciente des "fortes attentes" quant à l'emploi de représentants élus et de certains résidents.

"Nous serons là pour imaginer avec eux un avenir durable, y compris une implication accrue de l'État", a-t-elle déclaré après le troisième Conseil de défense écologique. La première en mai avait vu le projet minier de Gold Mountain en Guyane enterré.

Alors que l'abandon d'Europacity pose la question de l'avenir de la station de métro du Grand Paris destinée à desservir la région, "Triangle de Gonesse", le ministre a assuré qu'il ne remettait pas en cause "le service du territoire assuré par la ligne 17 "du métro pour se connecter d'ici 2027 Saint-Denis Pleyel à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle.

"Nous allons continuer à nous mobiliser pour l'abandon de la station et l'idée d'urbaniser le triangle de Gonesse", a déclaré Bernard Loup, du CPTG. Les opposants à Europacity défendent un projet visant à faire de ces terres la "ceinture alimentaire" qui irriguera le futur Grand Paris en circuits courts.

"Nous parlons de terrains très pollués, entre autoroutes et aéroports", répond Ali Soumaré, conseiller régional du PS Villiers-le-Bel, au visage amer "une belle hypocrisie".

Par contre, pour Kamel Lakal, porte-parole du collectif Europasdutout, qui représente 220 entreprises et 70 membres des différents centres-villes, le projet alternatif "tant que ce ne sera pas un centre commercial, ce sera très bien". il à l'AFP.

Certaines ONG sont plus prudentes. "La prochaine étape consiste à veiller à la préservation des précieuses et importantes terres agricoles", a déclaré la Fondation Nicolas Hulot.

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07/11/2019 19:25:57 –
Paris (AFP) –
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