Après le tremblement de terre, des habitants "un peu perdus" passent la nuit dans un gymnase

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Le Teil (France) – "Nous sommes un peu perdus", a déclaré une habitante de Teil (Ardèche) se préparant à passer la nuit avec sa famille dans un gymnase après le tremblement de terre exceptionnel qui a secoué cette ville proche de Montélimar.

"Demain je dois travailler et je ne sais pas comment le faire", explique Asma Dous, 34 ans, dont la maison, récemment achetée et rénovée, a des fissures après le séisme.

Ce lundi étant un jour férié, son mari appellera leur assureur le lendemain. "J'espère que nous serons mieux logés avec l'assurance"respire cette mère assise sur un lit de camp avec ses jeunes enfants dans le gymnase Pierre de Coubertin du Teil.

Quatre personnes ont été blessées, dont une grièvement, lors de ce séisme. Si cela ne durait que quelques secondes lundi, peu avant midi, il causait beaucoup de dégâts, principalement à Teil, ville voisine de Montélimar (Drôme).

Celia Gonzalez, 25 ans, a dû quitter précipitamment son appartement avec ses enfants après le choc. "Je n'ai pas eu le temps de prendre quoi que ce soit pour les enfants, tous les papiers sont dans l'appartement".

Quant à leur assurance, "personne n'a répondu"A son appel, ajoute la jeune femme blonde, mère de quatre enfants.

"Nous ne pouvons pas rentrer à la maison, il y a une différence de sol d'environ dix centimètres. Les enfants avaient très peur et nous avions peur de sortir du bâtiment que le toit tombe", dit Mme Gonzalez.

À Teil, trois gymnases ont été ouverts pour accueillir les personnes obligées de quitter leur domicile après ce choc de magnitude 5,4, le plus élevé enregistré en France continentale depuis 2003 selon les données du Bureau central français sismologique (BCSF) de Strasbourg.

– "Préoccupation normale"-

Selon le préfet, entre 200 et 250 habitations ont été endommagées, mais au gymnase Pierre de Coubertin, seules une trentaine de personnes sont restées sans solution d'hébergement pour la nuit. Les autres sont rentrés chez eux ou ont couché avec des parents.

Le personnel de la Sécurité civile, de la Croix-Rouge et des pompiers restent à leurs côtés et leur offrent des boissons chaudes et des sandwichs.

Des équipes de pompiers continuent jusque tard dans la soirée à parcourir les rues de Teil pour des opérations de reconnaissance, à la suite de nombreux appels des habitants concernés.

Avec sa lampe de poche, le pompier Sébastien Lhuillier, de la clairance de l'équipe de secours, inspecte la façade d'un bâtiment récent. Les fissures superficielles n'ont rien de "alarmantconclut-il en s'adressant à l'occupant.

"Il y a une préoccupation normale, cela n'arrive pas souvent", estime le sauveteur, dont le rôle consiste principalement à"réconforter les gens dans leur réaction immédiate à l'évacuation ou au séjour à la maison".

M. Lhuillier et son coéquipier se rendent ensuite dans le centre-ville, où un périmètre de sécurité a été déployé autour d'une église dont le clocher menace de s'effondrer.

Au coin d'une rue dont l'accès est bloqué à cause des gravats qui ont suivi le tremblement de terre, M. Lhuillier est appelé par le locataire d'un appartement d'un immeuble ancien. Après une visite, il le conseille au nom de "du principe de précaution"partir à cause des nombreuses fissures sur les murs et les fenêtres, ainsi que de l’affaissement du sol.

"J'avais déjà l'intention de ne pas dormir ici, j'irai chez mes parents", répond le jeune homme qui n'a pas souhaité révéler son identité.

La secousse, d’une rare intensité dans la région, a été ressentie jusqu’à Saint-Étienne, Grenoble, Lyon, distante de quelque 150 kilomètres de l’épicentre du tremblement de terre et même dans le sud de la France.


À Teil, les écoles seront fermées mardi.