Faits – Justice | Gardanne: le chauffeur qui a tué Cécile a deux ans

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Rappel de faits

Le 15 novembre 2016, sur la route de Gardanne, Cécile Reginal, 22 ans, a été tuée dans une collision avec un 4×4 arrivant dans la direction opposée. Son chauffeur avait franchi la ligne blanche et passait dangereusement dans ce virage sans aucune visibilité. Avec son petit ami, ils avaient fui sans assistance auprès de la victime et avaient tenté de se dégager en signalant que le véhicule en cause avait été volé. Le long de la route de Gardanne, à la hauteur de Valabre, dans le virage où elle a été fauchée, la famille de Cécile a aménagé un petit oratoire à la mémoire du jeune journaliste en herbe, adopté par le Collège de Gréasque et le Collège du Sacré-Cœur avant de partir pour étudier à Nice. Une semaine avant le troisième anniversaire de sa mort, hier était le procès de la chauffarde et de son petit ami, qui l'avaient aidée à s'échapper.

Eugénie, 28 ans, et Jérémy, 22 ans, passionnés de sports de chevaux, sont revenus du Vaucluse en direction de Gardanne après avoir célébré l'achat d'un nouveau cheval avec des amis. Ces deux-là couraient-ils? L'hypothèse expliquerait les appels de phare décrits par des témoins et ce dangereux dépassement entre deux véhicules qui se suivaient. Le président pose carrément la question. Les intéressés nient les honteux. Eux seuls savent que pour les parties civiles, le doute planera toujours.

"J'étais fatigué, mais ce n'est pas une raison, c'était stupide" Eugénie résume timidement. Par "geste inapproprié", elle a envoyé sa lourde Volkswagen 4×4 vaporiser la petite vieille Opel "mais bien gardé " de l'étudiant. Cécile Réginal saigne abondamment et meurt peu de temps après. Le drame est consommé. La cause est absurde, le résultat semble abject.

"Où est l'humanité?"

Après avoir évalué la situation, Jeremy et Eugénie montent dans sa voiture et démarrent pendant que les automobilistes empêchent les secours. De chez eux, ils vont appeler la gendarmerie pour signaler le vol du 4×4. Tentative désespérée et odieuse. "En Afrique, quand un singe tombe d'un arbre, un membre de sa famille vient le chercher. Ils sont partis pendant que ma fille, l'artère coupée par le bloc moteur, saignait.?" choqué le père de la victime, choquant de raconter devant les artisans de son malheur l'impact de cette tragédie qui le condamne ainsi que ses proches "pour la vie".

"Une décision abominable"

"C’était une décision terrible, je n’avais jamais pensé pouvoir le faire, j'étais paniquée et je n’avais fait que de mauvais choix"suppose que Jeremy est venu au tribunal avec deux avocats forts. En plus du délit de fuite, le jeune vendeur engagé dans l’entreprise du père assume la responsabilité des fausses informations permettant de faire croire au vol du véhicule meurtrier. Sur l'enregistrement de l'appel, cependant, nous entendons Eugénie intervenir pour donner des informations.

Ces réactions insupportables aux parties civiles posent la question de l'état de l'accusé après coup. Ils se décrivent sous le choc, incapables de penser. Est-ce compatible avec ces actions délibérées mais désordonnées, cette fuite en avant difficilement excusable des deux accusés qui demandent timidement pardon? "Une sorte de reconnaissance de dernière minute", assises Joseph Grimaldi, l'avocat de la famille. "Ce soir-là, il n'était pas celui qu'il était censé être," Tent Me Rebstock, l'un des avocats de Jeremy. Celle d’Eugénie insiste sur la repentance de celui qui "retourna aux Baumettes sans fermer les yeux, car elle devait boire le gobelet, elle savait que c'était juste".

Le tribunal l'a condamnée à quatre ans de prison, dont deux ont été fermés et son permis de conduire a été annulé. Pour complicité, son petit ami est condamné à 12 mois de prison avec sursis.