Quand les entreprises aident leurs employés étrangers à obtenir des papiers

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Alors que le gouvernement envisage de mettre en place des quotas pour quantifier le nombre de travailleurs migrants par secteur, certains patrons pauvres en main-d'œuvre aident les employés avec les formalités administratives à obtenir un permis de travail.

Jean et Samba, patron et employé, ont connu ensemble le long chemin à parcourir pour obtenir un permis de travail.
Jean et Samba, patron et employé, ont connu ensemble le long chemin à parcourir pour obtenir un permis de travail. © Radio France / Ouafia Kheniche

Faciliter les procédures administratives: c’est la première suggestion faite par les chefs d’entreprise concernant l’emploi de salariés étrangers en dehors de l’Union européenne.

Pour les patrons qui veulent embaucher, le plus long et le plus difficile est d'obtenir un permis de travail, proposition qui ne figure pas encore parmi les 20 mesures proposées par le gouvernement en matière d'immigration. L'exécutif veut organiser des quotas de travailleurs étrangers selon les secteurs. Une mesure qui ne semble pas répondre aux difficultés rencontrées par les entreprises en manque d’employés.

La société ITLink recherche des ingénieurs compétents sans se soucier de leur nationalité.
La société ITLink recherche des ingénieurs compétents sans se soucier de leur nationalité. © Radio France / Ouafia Kheniche

Le directeur des ressources humaines d’IT LINK, une entreprise numérique comptant 650 employés, est fier d’annoncer que le boîtier compte 39 nationalités et des employés européens et non européens. "Nous avons un grand besoin de recrutement, nous recrutons des ingénieurs qualifiés et même hautement qualifiés, nous manquons de ressources et de candidats disponibles", dit Cécile Chopinet. La société basée en région parisienne recrute de jeunes ingénieurs du monde entier après leurs études en France. Parmi les candidats sélectionnés: Chinois, Indiens, Tunisiens. "La première difficulté que nous rencontrons dans l'embauche de ces jeunes est une difficulté administrative", explique Cécile Chopinet.

Pour avoir un contrat, il faut d'abord un permis de travail

Pour obtenir un contrat, vous devez d'abord disposer d'autorisations de travail, ce qui prend du temps, comme l'a expliqué le directeur des ressources humaines: "Il faut que l'on leur monte un dossier administratif auprès du service des mains étrangères de la DIRECCTE (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi). Des statuts qui de surcroît ne durent que année alors que l’on veut projeter avec nos employés sur le long terme des relations avec l’Union européenne ou en dehors de l’Union européenne pour nous, cela n’a aucune importance. "

Une approche longue et aléatoire en fonction des préfectures. Pour Cécile Chopinet, c’est une perte de temps précieux qu’il faudrait plutôt utiliser pour diriger des projets. Enfin, pour cette entreprise, c’est aussi simplement la difficulté d’offrir un avenir professionnel aux employés qu’elle trouve pourtant compétents. Bien qu'elle ait besoin de ces jeunes ingénieurs étrangers, elle doit parfois mettre fin au contrat faute d'autorisation de travail …

"On vous dit:" Surtout, n'employez personne qui n'a pas de papiers. "Le problème est que personne en France ne veut faire ce travail!"

Ces métiers hautement qualifiés ne sont pas les seuls à souffrir de ce manque de main-d'œuvre et d'incohérences administratives qui empêchent l'embauche. La recherche de salariés en France concerne également les entreprises de bâtiment, de sécurité et de gardiennage, d'assistance à la personne et de restauration.

Jean avait 27 ans quand il ouvrit son premier restaurant. Ce propriétaire de deux restaurants parisiens a également du mal à trouver de bons employés. Comme Samba, embauché il y a trois ans. Mais après quelques mois, alerté par son comptable, le patron du restaurant se rend compte que son employé a utilisé les papiers d'un autre homme qui l'a, le droit de travailler en France. "Je ne savais pas quoi faire"Explique John," Employant un travailleur illégalement: dans la restauration, il n’est pas inhabituel, mais John ne veut pas prendre ce risque, et Samba lui parle de personnes qui peuvent les aider.

Une situation omniprésente

Pour garder son précieux cuisinier, il accepte de l'accompagner dans ses efforts. Il découvre alors une situation omniprésente: "On vous dit:" N'utilisez pas quelqu'un qui n'a pas de papiers. "Le problème est que personne en France ne veut faire ce travail, nous devons donc trouver une autre main-d'œuvre. Et cette main-d'œuvre vient directement à nous, elle frappe à notre porte." C'est à ce moment que les deux hommes se sont rendus au siège de la CGT. Le syndicat les accompagnera pas à pas pour les aider dans le processus administratif.

Au cours des trois dernières années, le restaurateur a accompagné cinq autres employés dans leurs efforts et, avec l'aide de la CGT, ils ont obtenu des papiers leur permettant de travailler légalement sur le sol français, où ils sont évidemment nécessaires.