Les médecins d'urgence français dénoncent les "affaires hospitalières"

13

Dans une tribune publiée dans le "Journal du dimanche", treize médecins d'urgence dénoncent les politiques publiques adoptées pour l'hôpital au cours des dernières décennies.

"Mesdames et messieurs nos concitoyens, laisserez-vous mourir l'hôpital public sans avoir rien essayé? " Dans un forum publié le dimanche 10 novembre au Journal du dimanche, treize médecins d'urgence appellent les citoyens et les autorités publiques quatre jours avant événement national pour un "plan d'urgence pour l'hôpital public".

"L'épuisement de système n'était pas programmé? N'a-t-on pas tout fait pour effondrer l'hôpital public au profit de l'économie? L'objectif n'est-il pas de détruire la sécurité sociale et les services hospitaliers publics? ", interrogent ces médecins tous membres de l’Association des Médecins d’Urgence de France (Amuf).

Reprendre les glissements des années 1980 et 1990 dans le "surconsommation de soins", puis l'arrivée dans les années 2000 de "entreprise hospitalière", avec le système emblématique de tarifs à l'acte, les auteurs de ce texte résument, selon eux, la situation actuelle: "Notre mission de service public est de tout faire à tout moment, mais le gouvernement ne nous en donne pas les moyens".

Postes de soignants "ne sont plus pourvus car des conditions de travail trop difficiles effraient les plus altruistes avec des salaires très bas (en 2017, la France au 26ème rang de l’OCDE pour les salaires des infirmières) ".

Il manque de médicaments, de civières, de lits, mais aussi d’humains pour occuper les services, soigner les patients.Médecins d'urgencedans un forum au "JDD"

Croire que "le démantèlement est en cours d'achèvement", ils assurent que"en épuisant les soignants, nous les avons fait fuir: spirale sociale infernale". "Non seulement le déficit des hôpitaux publics, mais il va devenir inefficace puisqu'il est incapable de remplir sa mission de continuité des soins pour tous".

Ils rappellent en conclusion les exigences de la mobilisation du 14 novembre: "l'ouverture des lits", l’augmentation du budget, des effectifs et des salaires de l’hôpital, ainsi que "stop pay-for-service".