Flotte d’entreprise : WLTP est-il un accélérateur de tendance ?

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Fin septembre dernier, 652.000 immatriculations de véhicules avaient déjà été enregistrées dans les entreprises ; soit une hausse de + 8,76 %.

Pour les seules voitures particulières, la hausse est même de + 10,15 % (388.213 immatriculations) avec une forte progression des immatriculations de modèles essence : + 58,7 %. Les voitures essence représentent ainsi 34 %.

Dans le même temps, les voitures diesel sont à la peine et accusent une baisse des ventes de – 9 %. Surtout, le diesel ne détient plus qu’une part de marché de 57 % auprès des voitures particulières dans les entreprises. Enfin, les voitures électriques ont encore progressé de + 60,5 % depuis le début de l’année avec 9.850 immatriculations et une part de marché de 2,6 %.

Ces évolutions vont-elles se modifier avec l’introduction en juin prochain du 
nouveau protocole d’homologation des voitures neuves (WLTP)

 ? C’est en tout cas un cas de figure auquel les flottes d’entreprises n’avaient jamais été confrontées. Car l’entrée en vigueur du WLTP, qui rehausse en moyenne de 24 % le calcul des émissions de CO2 des véhicules neufs va être accompagnée de l’application de deux grilles de malus successives. L’une en janvier, l’autre en juin, lesquelles vont majorer un peu plus la fiscalité des flottes d’entreprises.

Témoignages de responsables de flottes

Directeur marketing et commercial du loueur AthlonGérard de Chalonge constate que « ce durcissement du malus écologique entre janvier et juin prochain va impacter le choix des modèles dans les flottes et ne va pas dans le sens d’un passage vers l’essence plutôt d’un retour du diesel. Nous conseillons donc à nos clients de commander leurs nouveaux modèles avant la fin de l’année ».

Même constat relevé par Jérôme Conrad, président du loueur LeasePlan« Le WLTP en France sera déployé au 1er juin 2020 selon les informations fournies dans le projet de loi de finance 2019-2020. L’Etat laisse six mois aux constructeurs pour écouler leurs stocks de véhicules et se préparer commercialement au WLTP. Cette période représente pour nos clients une opportunité sur les véhicules en stock immédiatement disponibles et dotée d’une taxation encore avantageuse sur le cycle d’homologation NEDC 2. Mais, c’est également une opportunité pour eux de retravailler leur car policy en 2020 et d’accélérer leur basculement vers des motorisations vertes en vue de respecter la loi LOM, explique Jérôme Conrad. Il est probable qu’on assiste à une standardisation des modèles et des options proposés aux collaborateurs afin de limiter l’impact de cette nouvelle fiscalité. Cependant, tel qu’il est écrit aujourd’hui, ce projet de loi garantit une certaine neutralité fiscale avec une augmentation de 20 % des plafonds CO2. Dans ce contexte, nos clients ont plus que jamais besoin de conseil et d’accompagnement à la transition. C’est ce que nous faisons déjà depuis plus d’un an sur ce sujet. »

Remettre à plat les poltique d’achat dans les entreprises

De son côté, Ferréol Mayoly, directeur général d’Arval France, estime que « ce report à juin prochain du WLTP est un soulagement car le marché n’était pas prêt. Mais c’est une situation qui va être compliquée à gérer pour les gestionnaires de parc en raison des deux grilles de malus qui vont se succéder ». L’heure est donc à la remise à plat de la car policy dans les flottes. « Nous apportons du conseil à nos clients pour qu’ils puissent construire leur car policy dans le respect de leurs objectifs RSE et de leur budget, poursuit Ferréol Mayoly, mais c’est de l’attentisme qui est attendu de la part des flottes en début d’année prochaine. ».

Pour Gilles Bellemère, directeur général du loueur ALD Automotive« l’évolution des réglementations créé un climat d’incertitude au sein des flottes d’entreprises. Avec le WLTP, les options adoptées lors du choix des modèles vont impacter le calcul de leurs niveaux d’émissions de CO2. Cette situation nous ramène dans notre coeur de métier et dans notre rôle pour aider nos clients à prendre des décisions ».

En attendant, cette incertitude qui pèse sur les choix à faire dans les flottes n’a pas d’impact sur les volumes de commandes enregistrés par ce loueur et ne conduit pas les flottes à demander des prolongations de contrats. Surtout, constate Gilles Bellemère, « les flottes ne sont plus dans la situation où il fallait pour l’image de marque de l’entreprise qu’un véhicule électrique trône sur le parking. Désormais, la transition énergétique est bien présente dans les flottes et celles-ci acceptent le surcoût associé au choix d’une voiture électrique ou d’un modèle hybride ». Pour beaucoup, le WLTP pourrait bien accélérer un phénomène déjà bien présent dans le domaine de la transformation des flottes.