Le Royaume-Uni verse une contribution de 17 millions de GBP pour aider la FAO à lutter contre le criquet pèlerin

Ce soutien supplémentaire permettra de renforcer les efforts de lutte en Afrique et en Asie et d’améliorer les systèmes de prévision et d’alerte précoce.

De fortes pluies tombées en Afrique de l’Est ont favorisé la reproduction de ces ravageurs migrateurs, parmi les plus destructeurs au monde.
23 juillet 2020, Rome – Aujourd’hui, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’est félicitée que le Royaume-Uni ait versé une contribution de 17 millions de GBP (livres sterling) destinée à soutenir les efforts en vue d’anticiper et de faire face à la recrudescence actuelle du criquet pèlerin dans certaines regions d’Afrique, du Proche Orient et de l’Asiedu Sud-Ouest.

« Nous remercions une fois de plus le Royaume-Uni pour son soutien sans faille, qui contribuera grandement à nous aider à préserver la sécurité alimentaire et les moyens d’existence d’agriculteurs vulnérables et de leurs familles en Afrique et en Asie, face à la menace acridienne», a déclaré le Directeur général de la FAO » M. Qu Dongyu.

Les fonds proviennent du Département du développement international du Royaume-Uni (DFID) et s’ajoutent à la contribution de 8 millions de GBP versée cette année en réponse à l’appel lancé contre le criquet pèlerin. La contribution du Royaume-Uni permettra de renforcer l’action engagée en Afrique de l’Est, au Yémen et en Asie du Sud-Ouest et aidera les pays ouest-africains à se préparer à une potentielle invasion du ravageur. Le DFID a en outre annoncé aujourd’hui qu’il mobilisait 1 million de GBP supplémentaires en faveur de plusieurs institutions, dont l’Université de Cambridge, afin de mettre au point les outils, les technologies et les partenariats qui permettront de mener des activités de surveillance, de prévision et d’alerte précoce efficaces dans le domaine des organismes nuisibles.

La FAO renforce les capacités des gouvernements et des autres partenaires dans les pays touchés en apportant une aide en matière de surveillance et de coordination, d’assistance technique, de matériel et d’équipement. L’Organisation fournit également aux agriculteurs des kits de moyens d’existence, donne des aliments destinés au bétail affamé, auquel des soins vétérinaires sont dispensés, et verse des aides en espèces et fournit des intrants agricoles aux familles qui ont perdu leurs récoltes, afin que celles-ci puissent se nourrir. Sachant qu’un essaim de 1 km² est capable de dévorer en une journée la quantité de nourriture nécessaire pour nourrir 35 000 personnes, le ravageur fait peser une menace sans précédent sur la sécurité alimentaire immédiate et la résilience à long terme de millions d’agriculteurs et de bergers vulnérables.

De nombreux progrès ont été réalisés mais d’importants risques demeurent

Grâce au soutien de la FAO, 1,3 million de tonnes de cultures ont été protégées – une quantité qui permet de nourrir près de 9 millions de personnes pendant une année entière. Toutefois, la recrudescence ne présente aucun signe de ralentissement dans la Corne de l’Afrique et pourrait même s’intensifier en Asie du Sud-Ouest. Selon la plateforme de l’Organisation consacrée au criquet pèlerin, il y a toujours un sérieux risque que les essaims migrent de la Corne de l’Afrique vers l’Inde et le Pakistan. L’Afrique de l’Ouest pourrait faire face à une invasion. Les fortes pluies printanières qui ont touché une grande partie de l’Afrique de l’Est n’ont fait qu’améliorer les conditions de reproduction du migrateur nuisible le plus destructeur au monde et les essaims de la prochaine génération pourraient être encore plus importants que ceux contre lesquels nous luttons actuellement.

« Bien que d’importants progrès aient été accomplis dans la lutte contre le criquet pèlerin, un soutien prolongé est essentiel pour contenir la menace. La capacité à détecter le criquet pèlerin suffisamment tôt est cruciale, y compris au moyen de technologies et de partenariats, et pour cela nous devons travailler ensemble », a déclaré M. Qu.

Ces opérations doivent être maintenues afin d’éviter qu’une éventuelle crise humanitaire ne survienne dans la région: en 2020, selon le récent Rapport mondial sur les crises alimentaires, avant même l’arrivée des criquets et de la pandémie de covid-19, environ 25 millions de personnes souffraient déjà de faim aiguë en Afrique de l’Est. Au Yémen, 17 autres millions de personnes étaient dans la même situation.

Financement de la lutte contre le criquet pèlerin

Le dernier appel lancé par la FAO pour lutter contre le criquet pèlerin vise à récolter 311,6 millions d’USD pour enrayer la recrudescence qui touche la Corne de l’Afrique, le Yémen, l’Afrique de l’Ouest, le Sahel et l’Asie du Sud-Ouest. À ce jour, 182 millions d’USD ont été versés ou promis. Il manque donc encore 129,6 millions d’USD.

Si cet appel n’est pas entièrement financé, les efforts de lutte pourraient ralentir, voire cesser complètement, d’ici à la fin du mois de septembre ou d’octobre, ce qui pourrait conduire à une nouvelle flambée du nombre de ces ravageurs de récoltes et compromettre encore plus les moyens d’existence de millions de ruraux. Les familles vulnérables ont besoin de soutien, or ce soutien passe aussi par un renforcement des capacités nationales de suivi et de lutte contre le criquet pèlerin.

Outre le soutien renouvelé du Royaume-Uni, des contributions ont également été versées par l’Allemagne, l’Arabie Saoudite, la Belgique, le Canada, la Chine, le Danemark, les Émirats arabes unis, les États Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, la France, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, la République de Corée, la Suède, la Suisse, la Banque africaine de développement, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU, la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation Louis Dreyfus, la Fondation MasterCard, le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF), le Fonds fiduciaire africain de solidarité, le Groupe de la Banque mondiale et l’Union européenne.

La lutte contre le criquet pèlerin, ainsi que le suivi et les prévisions dans ce domaine, sont au coeur du mandat de la FAO. Le Service d’information sur le criquet pèlerin de la FAO est en place depuis près de 50 ans. Grâce à une présence bien établie sur le terrain, à sa capacité à mettre en relation les autorités des différents pays et à son expertise en matière de gestion antiacridienne, la FAO est un acteur important de l’action menée contre les recrudescences comme celles qui touchent actuellement l’Afrique de l’Est et certaines régions d’Asie.