Linky à l'avant! : Créer un objet connecté ou des grilles Smarts en tant que processus d'innovation | ECHOSCIENCES

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En tant que membre de Séminaire Science, Société, Communication 2019, Aude Danieli, chercheuse à l'université paris-est de Marne-la-Vallée, puis chercheuse au CERLIS de l'université Paris Descartes, a présenté les résultats de sa thèse sur la stratégie de déploiement du Compteur Linkyet la controverse qui a suivi.

Cette thèse chez CIFRE a eu lieu chez EDF. En d'autres termes, Aude Danieli a travaillé comme chercheuse universitaire mais aussi comme chercheuse dans une équipe EDF. Cette double casquette nécessitait une certaine souplesse, mais lui permettait de mener l'enquête au plus près des différents acteurs du sujet.

C’est la raison pour laquelle les résultats de cette thèse sont centrés sur la manière dont les professionnels et les conceptions radicales contre Linky se sont approprié ce nouveau compteur Linky pour entrer dans la controverse. Mais avant de parler de la controverse, rappelons-nous rapidement l’histoire des guichets de France.

Les compteurs d'électricité apparaissent en 1880, pendant la révolution industrielle. C'est la naissance de la distribution à grande échelle. Ils sont à l'origine développés pour les réseaux DC. Mais la technologie évolue rapidement pour passer au courant alternatif; les modèles sont mis en place dès 1887.

Ces premiers modèles utilisent la technologie électrolytique, rendant l’enquête de quantité actuelle très peu fiable.

Au XXe siècle, le décompte est électromagnétique, beaucoup plus précis, et les compteurs électroniques apparaissent enfin en France en 1990.

Dès le début, le question de la fiabilité de l'enquête de consommation est au centre de préoccupations des consommateurs. C’est un problème qui a été au cœur de l’évolution technologique des compteurs d’électricité. Il est à noter que cette fiabilité a été grandement améliorée avec chaque nouvelle technologie déployée. Cependant, il ne faut pas négliger la question de lutte contre la fraude utilisateurs de ce développement, une priorité pour EDF.

En 1980, EDF expérimentait le déploiement de compteurs en utilisant une méthode de paiement anticipé pour tenter d'enrayer la fraude, relativement répandue sur les compteurs électromagnétiques (proportion estimée à 10% d'utilisateurs par le fournisseur). Cette tentative, en plus de montrer rapidement les limites de la fraude, déclenche un tollé général en faveur des ménages les plus modestes, susceptibles de se priver d’électricité, et ne sera donc pas menée à son terme.

Dans le même temps, EDF commence à changer Les consommateurs". L’objectif est de soutenir les utilisateurs dans l’autorégulation de leur consommation. Des stratégies telles que la politique tarifaire pour les heures pleines et creuses émergent des consultations, ce qui en fait des" consommateurs intelligents "est le leitmotiv qui a guidé EDF dans sa conception. de l’appareil Linky, conçu comme un outil d’aide aux consommateurs.

La conceptualisation d'un compteur intelligent a débuté vers 2005 dans une logique orientée vers une économie monopolistique d'EDF. Le concept évolue au moment de l’ouverture des marchés, et se voit ensuite confronté deux logiques de développement, entre le secteur commercial et le secteur technique (Enedis).

Une zone de commentaires publics est créée autour de la création de Linky. L'industrie intervient, la CNIL et les agences pour l'environnement.

La représentation de Linky au service du consommateur, prend alors une dimension écologique liée au défi de la réduction de la consommation d’énergie. En outre, le gouvernement a promis que le déploiement du compteur intelligent serait "sans douleur" pour les clients. L’avancée majeure de ce dispositif réside dans laAbsence de besoin d'intervention sur site pour les opérations quotidiennes.

Le déploiement est orchestré en plusieurs phases, dont un test, démarré en 2013, puis plusieurs phases d’installations programmées en zones géographiques, à partir de 2015.

Pour la phase de test, le compteur est déployé uniquement en Indre-et-Loire et à Lyon. Les réactions sont mitigées, très différentes entre les deux régions. La presse lyonnaise parle d’une opportunité de progrès technologique, mais les choses sont moins bien accueillies en Indre-et-Loire, probablement à cause d’un saut technologique plus important (la majorité de la population passe directement de la technologie électromagnétique à Linky, contrairement à Lyon, beaucoup plus). souvent équipé d'un compteur électronique).

cependant, réactions négatives sont plus mesurés dans la phase de test, pour enfin gagner en volume lors du déploiement général.

Cette manifestation ne vient pas de fraudeurscomme supposé par EDF. Il est donc inattendu pour le grand groupe qui voit pour la première fois que le compteur intéresse les utilisateurs. Les domaines de la santé, de l'économie et du social entrera, avec plus ou moins d’enthousiasme selon les territoires, dans le débat. On craint que la santé des utilisateurs ne souffre des ondes produites par la machine. Certains ménages se retrouvent avec une augmentation des prix de l'énergie, ce qui entraîne une augmentation de la facture. La possibilité de coupure de courant à distance est également inquiétante, ce qui pourrait compliquer l'accès à l'énergie des familles en difficulté financière. Et enfin, la controverse sur qui et comment nous utilisons les données collectées auprès des utilisateurs par ces compteurs ajoute à notre première controverse. D'autres manifestations apparaissent également localement comme le sentiment du monde rural d'être abandonné en perdant un service local. Le point culminant de ces des disputes est ce que sont solidarité. Aude Danieli se souvient que lors des réunions anti-Linky, son téléphone portable avait été éteint en ce qui concerne les personnes électro-sensibles dans la salle. Cela témoigne également du fait qu'il n'y a pas de profil de manifestant typique.

Du côté des professionnels, il est maintenant difficile de dire que ce compteur ne s'est pas écarté de sa pensée initiale, car il est difficile pour les utilisateurs de consulter leurs données. Néanmoins, le compteur est un pari pour l'innovation et il est toujours possible de le connecter aux applications, aux nouvelles technologies et à bien d'autres choses que seul l'avenir peut imaginer.


Écrit par Guillaume Poncelet et Paul Savary, étudiants en Master 2 en communication et culture scientifique et technique de l'Université Grenoble-Alpes.