Biocontrol: une alternative crédible aux pesticides?

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" Biocontrol est une chance ". L'agriculteur Philippe Rothgerber, sans pesticides depuis plusieurs années, le dit clairement. Cette solution dérivée de substances naturelles (animales, végétales, minérales) transformées en micro-organismes (bactéries ou champignons) remplace naturellement les pesticides classiques. Mais Peut-on vraiment parler de la fin des pesticides? Plusieurs acteurs du secteur ont débattu de ce sujet lors de l'atelier "Fin des pesticides: nouvelles solutions biologiques et numériques" Bpifrance Inno Generation.

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Biocontrol: mieux informer pour mieux produire

Le marché du biocontrôle a doublé depuis 2015. Et avec la pression des consommateurs et le retrait progressif des produits de traitement conventionnels, l'utilisation de ces produits devrait augmenter fortement. Cependant, ces produits de biocontrôle manquent encore de visibilité auprès des agriculteurs. Selon une enquête réalisée par IBMA Global (association de fabricants de biocontrôle), 70% des agriculteurs affirment ne pas recevoir suffisamment d’informations sur ces produits. Pour Jonathan Gerbore, directeur de la recherche et du développement chez Biovitis, "C’est une expérience enrichissante". Tous les acteurs du monde agricole doivent repenser leurs pratiques. Comme l'explique Philippe Rothgerber, " les vendeurs de ces produits doivent être convaincus de leur efficacité. Tout comme les professeurs de lycée agricole qui devraient parler davantage à leurs élèves. "

Pour Elizabeth Macé, directrice marketing de Bioline Agrosciences, ce manque de reconnaissance provient également d'idées fausses persistantes. " Nous pensons toujours que c’est moins efficace que les produits chimiques, quand ce n’est pas le cas. ". Et si l'application du produit peut sembler difficile, cela reste, selon elle, une idée fausse. Par exemple, nous pouvons aujourd'hui pulvériser des biocontrôles via drones, une technique peu exigeante. Cependant, la question des coûts et l’absence de subventions freinent toujours les agriculteurs.

Par Pierre Hascoët